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En ouvrant ce roman le lecteur découvre avec un peu de scepticisme des pages du Journal fictif du confident de Freud, un certain Isaac Rabinovitch, alias Jack Bean, juif russe, émigré à Vienne au début du siècle, psychiatre de formation, mais non un psychanalyste, qui a su écouter et recueillir les questionnements du plus fameux des psychanalystes. Nous suivons ses aventures existentielles à travers l'Europe pendant plus de trente ans, entre Vienne et Zurich, où nous constatons que dès ses débuts la psychanalyse en tant que modalité de traitement fut contestée, au grand désarroi de son inventeur. Les aventures qui nous sont comptées entremêlées de retranscriptions de longues conversations entre J. Bean et Freud, sont rocambolesques et nous sont présentées par un narrateur qui nous raconte simultanément comment il s'est retrouvé en possession de ces pages valant une fortune dans le monde de l'édition moderne. Cette trouvaille extraordinaire n'est pas sans conséquences car il semblerait qu'une malédiction soit attachée au manuscrit. Enfin je peux dire que ce roman m'a tout particulièrement interpellé car le lien entre l'action passée et contemporaine a lieu en Afrique Central, dans la région qui a été bouleversé récemment par les atrocités du génocide rwandais. L'auteur est-il en train de suggérer qu'il existe des similitudes sociales entre l'Europe des premiers psychanalystes et l'Afrique contemporaine, je ne saurais le dire, mais d'imaginer qu'enfant je me suis baignée dans le lac Kivu à une centaine de mètres du lieu où se trouvait l'or caché de Sigmund Freud m'a complètement déconcerté. Je suis toujours étonnée par l'effet enchanteur d'un bon roman .
Nanette Johnson
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