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Paracha Choftim

L'entrée du peuple en Terre Sainte prévoit l'organisation d'un système de justice tout comme l'avait déjà envisagé Moïse dans le désert, sur le conseil de son beau-père YTHRO (Exode 18, 19-26). Pour toute société, et le peuple juif n'échappe guère à la règle, il est indispensable de mettre en place une justice bien établie. Ce sera donc là l'objet du début de notre sidra, à partir de laquelle d'ailleurs ont été composés de très nombreux traités du Talmud se référant à cette question fondamentale de la JUSTICE.

Après cette brève introduction, nous comprenons mieux le sens des prescriptions édictées. Elle nous indique en effet quelles seront les autorités composant la direction du pays : le roi, le tribunal suprême et le grand-prêtre. L'appareil judiciaire aura notamment à statuer en matière de jurisprudence civile, pénale et criminelle, mais il aurait également pour fonction de traiter de questions de théologie, de pratiques religieuses et même de politique quand il s'agira d'engager des guerres.

En étudiant attentivement nos textes, nous pouvons nous rendre compte que la justice ne doit pas être rendue à la légère, simplement sur la foi de preuves erronées ou extorquées, d'aveux non contrôlés. On aura recours à des témoins directs, dont le témoignage sera obligatoirement soumis à un examen très sévère, excluant toute forme de subjectivité. Telle se veut la justice fixée selon les normes de la Torah.

Le roi, dont il est question dans notre sidra, qui représente le pouvoir politique et conduit la guerre en cas de nécessité, est de nos jours symboliquement représenté par le chef de l'Etat d'Israël. Il sera donc l'un des chefs, sans être le seul chef. Tout comme ses sujets, lui-aussi devra être soumis à la loi juive, écrite ou orale. Nous voyons là qu'à part les honneurs dus à sa charge, le roi ne peut bénéficier d'aucun privilège particulier. Il a pour obligation principale de donner l'exemple. Il ne sera donc pas autorisé à exercer un pouvoir absolu et despotique, et le luxe dû à son rang sera également limité.

Quant au prêtre, à l'époque du Temple, il ne sera qu'occasionnellement le sacrificateur, sa principale fonction consistant à enseigner. De nos jours, le CHO'HET est généralement appelé sacrificateur , par usage conventionnel. Il lui arrive d'enseigner, de pratiquer des circoncisions et même de diriger des offices, sans qu'il soit nécessairement un prêtre, un COHEN comme c'était le cas à l'époque biblique.

En fait, le COHEN ne dépendra pas d'un groupe en particulier, mais il sera au service de toute la collectivité religieuse. Ainsi, les différentes fonctions envisagées par le législateur divin montrent à quel degré chaque question relative à l'une d'entre elles mérite d'être soigneusement étudiée et examinée. S'y conformer est incontestablement une garantie de la solidité des structures de la communauté et peut assurer la sécurité morale et matérielle de l'ensemble.

 

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