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La défense de causer du tort à son prochain se trouve exprimée à deux reprises dans notre SIDRA dans l'espace de quelques versets. C'est qu'en vérité il y a deux façons bien différentes de léser son prochain. On peut le faire matériellement -en lui occasionnant une perte d'argent -ou moralement - en le blessant au plus profond de lui-même. Matériellement, soit le vendeur, soit l'acheteur peut essayer d'abuser de l'ignorance de l'autre, de son incompétence, de la nécessité dans laquelle il se trouve d'acheter ou de vendre suivant le cas. La faiblesse de l'autre dans un domaine quelconque peut nous inciter à le tromper, aussi bien sur le prix que sur la qualité ou la quantité, bref à lui causer un préjudice matériel plus ou moins grand. C'est là un grand péché vis-à-vis de notre prochain, mais en même temps aussi une faute grave vis-à-vis de D.ieu. On peut causer du tort encore d'une autre manière. On peut blesser son prochain moralement. Le préjudice qui lui est causé de la sorte est bien plus sérieux qu'une simple perte matérielle. Aussi la Torah a-t-elle ajouté (25, 17) : " Ne causez pas de tort l'un à l'autre et redoutez votre Dieu, car je suis l'Eternel, votre Dieu ". Ici, plus encore que pour le préjudice matériel, l'Eternel châtiera le coupable, même s'il est possible à celui-ci de se justifier en prétextant qu'en réalité il ne voulait pas de mal à son prochain. C'est que l'abus d'ordre moral est des deux de beaucoup le plus grave. On peut, en effet, toujours et facilement, réparer la perte matérielle causée si l'on regrette d'avoir mal agi. On peut bien plus difficilement réparer une blessure morale, car on ne peut pas l'estimer à sa juste valeur, ignorant la profondeur et l'étendue du mal causé. Aussi est-il indiqué d'être très prudent et très regardant dans ce domaine; de ne jamais blesser son prochain par une remarque fâcheuse, de ne jamais lui faire honte, bref de ne pas lui causer la moindre blessure ni le moindre préjudice moral ou matériel. Paracha Behoukotai Le livre de VAYIKRA se termine par un passage particulièrement sévère dans lequel Dieu nous fait connaître tous les châtiments qui s'abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l'alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l'occasion de sentir effectivement la main de D.ieu et de voir se réaliser le châtiment divin. Mais, en même temps, nous avons vu aussi l'Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu'elle se trouve exprimée dans notre SIDRA à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l'Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l'alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister. Aussi, comme disent nos Sages, D.ieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu'il s'est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu'il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d'Israël dans son ensemble, l'est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s'abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu'il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cour. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement. N'oublions pas, dans tous les cas, que l'Eternel est notre D.ieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l'existence.
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