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Par Rabbi Michel Liebermann Chers amis, Quelques mots pour vous décrire l'ensemble des grandes cérémonies auxquelles nous avons assistés, la communauté libérale JUDAICA de Marseille et de AJLT de Toulouse sous le "chapeau" de l'Appel juif unifié.
Le Yom Hashoah est un jour exceptionnel qui a été vécu tout particulièrement dans l'ensemble des communautés juives du monde, par Israel et par des milliers de personnes non-juives, conscientes et solidaires. Nous avons participé à la traditionnelle Marche des Vivants, initiée par le ministre israélien Abraham Hirschsohn, et organisée chaque année depuis 1988 entre les camps de concentration d'Auschwitz et de Birkenau, soit un peu plus de 3 kilomètres. Cette année, elle a réuni un nombre jamais atteint de participants, venus du monde entier : Plus de 18.000 personnes (certains ont avancé le nombre de 21.000), représentant trois religions, se sont retrouvées pour parcourir la distance qui sépare ces deux camps de la mort.
A l'issue de la marche, une cérémonie solennelle a eu lieu sur place, en présence de personnalités de tout le globe. Le gouvernement était représenté, outre le Premier ministre, par les ministres Limor Livnat (Education), Ophir Pinès, Itshak Herzog.
La première personnalité à prendre la parole, le Premier ministre Ariel Sharon a fait part de son émotion et a rappelé que les soldats présents sur cette ''terre maudite'' n'étaient plus des SS mais des officiers de l'armée israélienne. Il a ajouté : "Je suis venu ici, de Jérusalem, capitale de l'Etat d'Israël, le seul endroit au monde où les Juifs ont le droit et le pouvoir d'assurer leur propre défense". Il s'est adressé à notre belle jeunesse , il leur a déclaré : "Souvenez-vous que des millions de Juifs ont été massacrés et que le monde s'est tu". Il a ajouté : "Ne retenez pas vos larmes et emportez avec vous votre douleur et votre colère quand vous rentrerez à la maison". Ensuite, le Premier ministre polonais Marek Belka a entamé son discours en hébreu, en déclarant "Shalom lecoulehem" (Bonjour à tous). Il a déclaré notamment qu'Auschwitz et Birkenau symbolisaient pour lui le Mal et le massacre collectif. Quant à cette marche, il a estimé qu'elle représentait la progression vers un avenir différent. La presse polonaise n'a pas manqué de souligner l'evènement le lendemain, on trouvait en première page "LA POLOGNE A MURI" Elie Wiesel, rescapé de la Choah, prix Nobel de la Paix, qui a rappelé qu'il se trouvait dans le cimetière le plus grand du monde. Il a rappelé que ce lieu témoignait de la cruauté inconcevable des hommes. Il a ajouté : "Il ne faut pas se laisser emporter par la colère car nous avons besoin d'espoir, cet espoir consiste en ce que nous sommes en mesure de donner". Cela me conforte d'entendre que la tradition juive garde toujours présent à nos yeux cette qualité de "rester humain" dans un monde où la déshumanisation a failli réussir son projet, OBER MIR SEINEN DO, mais nous sommes là, vivants, présents et vigilants. Pour ma part, la palme du discours le plus chaud, le plus touchant et le plus dynamique revient à l'ancien grand rabbin d'Israël et actuel rabbin de Tel Aviv, Israël Méir Lau. Dans un parfait anglais, il s'est d'abord demandé pourquoi de telles souffrances avaient été infligées au peuple juif. Puis, c'est en hébreu qu'Il a rappelé les épreuves endurées par ses parents, sa famille, son petit frère et lui -même. C'est en anglais qu'il a souligné, contrairement à la vision de l'écrivain israelien Katzetnik, que "les bourreaux ne vivaient pas sur une autre planète mais partageaient les mêmes expériences que les autres, lisant les mêmes livres, respirant les mêmes fleurs, ...". C'est trop facile de placer Auschwitz sur une autre planête, car on pourrait facilement se dédouaner de toute l'horreur commise par des hommes et des femmes cultivés, intelligents, au sommet de toutes les techniques de pointe, médecine ( Dr Mengele et les expériences atroces sur les individus), et toutes autres formes de sagesses ou techniques utilisées à des fins maléfiques. Il a rappelé en outre qu'aujourd'hui encore d'autres tragédies dans le monde, telle la mort horrible de deux millions de petits Biafrais, victimes de la faim. Et surtout que les grands ennemis d'aujourd'hui sont : l'ignorance, la xénophobie et l'indifférence.
Il y a de quoi s'unir, c'est d'ailleurs droit dans la ligne de la pensée juive libérale ; le TIKOUN OLAM, la réparation du monde, ou chacun de nous est responsable de son frère, de près et de loin. M.L |