Paracha Emor
De sortir en produisant un blasphème, au Tiqoun Olam
Sur le verset Lévitique 24,10-11 « Et le fils d'une juive et d'un Egyptien sortit au milieu des enfants d'Israël, et le fils de la Juive et un Juif se disputèrent, et le fils de la Juive proféra, en le blasphémant, le Nom sacré. »
Rachi donne trois réponses à la question « d'où est-il sorti », dont l'une est : « Il est sorti de la paracha précédente (des pains de proposition) et s'en est moqué, en disant : « l'habitude d'un roi est de manger du pain frais tout chaud chaque jour, et ici le pain est vieux de 9 jours !? » En effet, déjà dans le désert, au cours de ses pérégrinations, les Hébreux, avec Moïse en tête, appliquaient les lois cohaniques dans le Tabernacle. C'est ainsi que les fameux 12 pains de proposition étaient cuits le vendredi, posés ensuite sur la Table du Tabernacle le Chabbat. Les Lévites les remplaçaient le Chabbat suivant par des nouveaux, et les prêtres consommaient ceux qu'on venait de retirer de la table. Ces pains étaient donc vieux de 9 jours, donc semblerait-il, complètement rassis. Pourquoi ce problème de vieillissement du pain a-t-il amené cet homme à blasphémer ? Parmi les nombreux commentateurs, je voudrais citer l'approche novatrice du Baal HaTourim. Ce grand maître écrit que, s'étant moqué, ce fils d'Egyptien s'est fait réprimander par un Hébreu. Ils en vinrent à se disputer, et ce fils de l'Egyptien, en colère, en est venu à maudire le Nom de l'Eternel.
NIER LE MIRACLE : Il faut toutefois encore comprendre pourquoi c'est précisément à cause du pain de proposition que cet incident a éclaté. Il semble que, dans sa moquerie, il niait la possibilité du miracle que l'Eternel accomplissait à l'égard de ces pains, refusant de reconnaître Son pouvoir de changer la nature selon Sa volonté. Nombreux parmi nous fonctionneraient aujourd'hui de la même façon, ce que l'on appelle un regard historico–critique. Il est tellement facile de «casser» le mythe, et de toucher aux croyances… Et c'est que réside le danger, comme nous le montre si bien le Baal HaTourim. Essayons de comprendre quelle est cette faute de l'Egyptien, «maudire le Nom sacré». On enseigne dans le Talmud Sanhédrin 56a, à propos du jugement d'un blasphémateur, « que tout le long de la déposition des témoins et de leur interrogatoire, où ils doivent rapporter devant le Tribunal les paroles de l'accusé » ils emploient l'expression « que Yossi frappe Yossi », afin de ne pas blasphémer eux-mêmes.