Prochaine conférence sur "La Cabale" le mardi 2 mars à 20H30...
--
Synagogue de la rue du Colonel Driant

Fêtes

Simhat Torah 5770
Par Rabbi Michel Liebermann

Nous clôturons par le jour de Chemini Atseret
Sim'hat Torah, qui ne sont qu'un seul jour en Israël et deux jours en dehors. En ce jour de Simhat Torah, nous terminons la lecture du Sefer Torah, par la dernière paracha, "Vezot Habera'ha". C'est précisément parce qu'on y termine la Torah que cette fête porte le nom de "Sim'hat Torah", "La joie de la Torah". Cette joie, de la conclusion de la lecture de la Torah, s'additionne à la joie de la fête.
imhat

La Torah nous a été donnée le 6 Sivan, ce qui correspond à la fête de Chavouot. Alors, ne conviendrait-il pas mieux de se réjouir à Chavouot, où la Torah nous est donnée, plutôt que le jour ou nous terminons sa lecture ? La raison en est qu'à Sim'hat Torah, nous nous réjouissons du don des secondes tables de la Loi, accordées à Yom Kipour. En effet, Yom Kipour fait partie de ce que l'on appelle "les jours redoutables". Ce jour est plutôt marqué par sa sainteté que par les signes de joie. Souccot est réservé à une autre joie: celle de la fête des cabanes, et de la "sim'hat beit hachoeva et des libations d’eau". Pour cette raison, Chemini Atseret et Sim'hat Torah apparaissent comme la première occasion de célébrer le don des secondes  tables de la loi. Par contre, la fête de Simhat Torah clôture une année entière d'étude de la Torah. La joie occasionnée est d'autant plus grande qu'elle clôture une année entière d'effort dans l'étude. De même, le peuple a ressenti lors du don des secondes tables une joie bien plus intense, puisqu'elle couronnait leur dur labeur, le service de la Techouva qui a suivi la faute du veau d'or. La joie est d'autant plus grande, que le don des premières tables avait été un pur cadeau de D.ieu, sans qu'un effort ait été demandé en contrepartie.

Dans notre paracha, "Vezot Habera'ha", nous lisons le verset :"Torah tsiva lanou Moshe moracha kehilat Yaakov"."La Torah que Moïse nous a ordonnée est l'héritage de la communauté de Yaakov". La Torah nous a été donnée en tant qu'héritage. Lors du don des premières  tables, nous ressemblions à un petit enfant qui a reçu un héritage. Il le possède, bien qu'il n'en saisisse pas la teneur. Il devra attendre de grandir afin de comprendre l'immensité de celui - ci. Il en est de même pour nous. Afin de mieux appréhender l'immensité de la Torah, nous l'étudions profondément durant toute l'année. Nous mériterons après de nous réjouir encore plus intensément. Au moment du don des premières tables de la loi, tous les Hébreux, disent les rabbis, avaient atteint le suprême niveau de "Tsadik". Ceci correspond à la fête de Chavouot. Par contre, les  secondes tables de la loi leur ont été données après l’épisode du veau d'or et leur Techouva à l’Eternel, c'est à dire qu'ils étaient parvenus au niveau de "Baal Techouva". La Torah met en relief la supériorité du niveau de Baal Techouva même par rapport à ce- lui de tsadik. Ceci explique que la joie de la réception des secondes tables était supérieure à celle du don des premières tables.

Le Tsadik possède intrinsèquement le potentiel de dévoiler ce niveau, avant même le dévoilement effectif. Son service divin a pour but de dévoiler les étincelles divines contenues dans la matière. Son travail se base sur ce qui existe déjà. Il dévoile des forces spirituelles qui lui ont été accordées, et avec lesquelles il accomplit son service. Le Baal Techouva, par contre, dévoile des forces qui ne lui avaient pas été accordées à priori. Certes, il a fauté, et n'a pas accompli la volonté divine, et ce faisant, il a détérioré le lien qui le reliait au divin. Mais, par la force de son travail et de ses efforts, il a transformé sa situation et son niveau spirituel: il est revenu vers l’Eternel. Cependant, le baal techouva ne se suffit pas pour dévoiler la sainteté qui résidait déjà en ce monde, comme le tsadik. Le niveau bien plus élevé de la Techouva provoque même la transformation des fautes volontaires en mérites, comme nous l’avons vu pendant Yom Kipour. Même les concepts négatifs, contraires à la sainteté, sont transformés par le travail spirituel et élevés au rang de mérites. Cette élévation particulière du travail du Baal Techouva correspond au don des secondes tables. A Chemini Atseret est dévoilée une élévation particulière, qui ne se trouve pas à Chavouot. C'est pour cela que nous clôturons la lecture de la Torah et que nous nous réjouissons de la joie de la Torah précisément lors de cette fête. Alors, il y a un temps pour danser, et aussi pour chanter.                            
Hag Saméah.

 

 

DROITS DE REPRODUCTION ET DE DIFFUSION RESERVES © AJLT 2005-2009