Prochaine conférence sur "La Cabale" le mardi 2 mars à 20H30...
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Synagogue de la rue du Colonel Driant

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Considérations autour de Tou Bichevat :
Par Rabbi Michel Liebermann

Le 15 chevat , fête du « plaisir »   Nous apprenons dans la michna ( Roch hachana  1, 1) qu'il existe quatre « débuts d'années », et parmi eux le roch hachana « pour l'arbre », le 1er chevat selon Beith Chamay , le 15 du même mois selon Beith Hillel . Une première remarque s'impose à l'esprit à propos de cette michna  : Elle définit le 1er (ou le 15) chevat comme le roch hachana « pour "l'arbre" » ( la-ilane ), alors que l'usage s'est établi, dans notre façon de parler de cette journée, de dire d'elle qu'elle est le roch hachana la-ilanot (« pour "les arbres" »). La raison de cette différence réside dans le fait, explique le Benei Yissakhar , que la Michna a en vue un fruit bien particulier. Nous devons, à tou bi-chevat , prier de pouvoir être à même, quand viendra Soukot , de nous offrir un bel etrog , le fruit par excellence en quelque sorte, puisque la Torah le définit comme « un fruit de l'arbre » que nous devons prendre au premier jour de cette fête-là (Lévitique - Vayiqra  23, 40). Or, la mitsva de l'etrog représente essentiellement l'exécution d'un commandement divin, exécution dans laquelle nous sommes censés ne retirer aucun plaisir particulier.

Bien au contraire, la fête de Soukot marque la fin des travaux agricoles, c'est-à-dire le moment où nous sommes étreints d'un sentiment de sécurité que procurent les richesses que nous venons d'accumuler. La fonction de Soukot est d'ancrer dans nos esprits que nous ne devons pas nous bercer de l'illusion que notre sécurité dans ce monde-ci est générée par notre réussite matérielle. Cette fête est donc celle de la spiritualité. Comme l'explique le gaon de Vilna dans son commentaire du Cantique des Cantiques 1, 4, il nous a été ordonné de résider dans la souka en tichri parce c'est à ce moment-là que sont revenues les nuées de gloire après Yom Kippour . De la même manière, cette fête exprime le retour du peuple d'Israël à sa spiritualité après le pardon que lui a octroyé Yom Kippour .

Quant à la journée de tou bi-chevat , elle est bien autre chose : Elle est devenue, d'une certaine manière, la journée du « plaisir » et de la matérialité élevée au rang de la mitsva . L 'usage s'est institué de consommer ce jour-là le plus de fruits possible, et notamment de ceux qui caractérisent Erets Yisrael , « pays de froment et d'orge, et de vigne et de figue et de grenade, pays d'olivier à huile et de miel [de dattes] » (Deutéronome VIII, 8). Les deux premiers de ces fruits, c'est-à-dire le froment et l'orge, servent à fabriquer le pain, nourriture de base de l'homme, celle au sujet de laquelle il nous est recommandé : « Mange du pain avec du sel, bois de l'eau avec mesure, couche sur le sol, accepte une vie de privations et consacre-toi à la Torah » (Maxime des Pères VI, 4). Les cinq autres « denrées d' Erets Yisrael  », en revanche, représentent ce qui constitue le complément de la halakha , comme étant consacré par l'usage et la coutume, et comme représentant, en même temps, la possibilité pour le Juif de prendre pleinement plaisir dans les produits de la Création.

 

 

 

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