| Yom Kippour, le chabbat des chabbat ?
Cela est encore plus vrai le jour de Kippour, lequel est caractérisé par un double repos comme l'écrit Rambam dans Hilkhoth chevithath ‘assor (1, 4) : lichvot mé-akhila (« se reposer de toute nourriture »). Nous devons aussi nous reposer de toute jouissance physique, comme le dit le Maharal « afin que nous ressemblions à des anges ». Pendant toute l'année, notre rôle consiste à profiter de ce monde-ci tout en élevant la nourriture, en la sacralisant pour élever notre âme. Cela est vrai particulièrement la veille de Kippour où une mitsva nous impose de manger plus que d'habitude pour accomplir ce commandement, et non pas pour satisfaire notre appétit. Rav Tsaddoq Ha-cohen de Lublin explique : « Manger la veille de Kippour est comme manger de la manne. » Cette consommation est pour nous un tiqoun pour tout ce que nous avons absorbé pendant l'année sans avoir élevé spirituellement notre nourriture. Retourner à ses racines, faire techouva, voilà le but de Kippour ! D'ailleurs la Tora a fixé le jour du Jubilé (yovél) également le jour de Kippour : « tachouvou ich el ha‘houzatho » (Lévitique 25, 13). Ce jour-là tout le monde retrouve ses possessions, récupère ses biens qu'il a dû vendre par manque de moyens. Le principe est le même pour Kippour : Nous devons faire techouva et retrouver pleinement nos racines. Enlevons nos chaussures d'orgueil, celles qui nous maintiennent sur le chemin que nous avons décidé de suivre, et marchons sur le chemin de l'humilité, le chemin de l'Eternel ! Plus la mémoire sera ouverte, plus le pardon sera grand, car nous aurons alors prouvé que nous voulons vraiment être partenaire du divin, responsables des cieux et de la terre. Et que l'Eternel nous inscrive dans la livre de la paix. |