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Tou bichevat selon l'une des catégories classiques de nos fêtes est inclassable. Elle ne fait pas partie des fêtes austères comme Roch Hachana ou Yom Kippour, pas plus que des trois fêtes de pèlerinage. Ce n'est pas demi-fête, comme "Hol Hamoëd", ni une fête historique comme 'Hanoukka ou Pourim. Et pourtant Tou bichevat est un peu tout cela à la fois. QUATRE DEBUTS DE L'ANNEE JUIVE : Avec les fêtes austères, Tou Bichevat partage le titre de Roch Hachana, puisqu'on nous enseigne dans la première Michna du traité Roch Hachana qu'il y a quatre débuts d'année. DONC, A CHACUN SA FETE : Avec les fêtes historiques, Tou bichevat a ceci de commun que, tout comme 'Hanoukka et Pourim, c'est une fête non -biblique. Ceci explique que la façon de célébrer cette fête a varié au cours des siècles et selon le lieu où l'on se trouvait. DISTINGUER LA NOUVELLE SEVE : A l'époque du Temple il s'agissait surtout de savoir quand commençait la nouvelle année pour distinguer les fruits d'une année par rapport à ceux de l'année suivante, et donner en conséquence les prémices aux cohen dans le Temple, le maassèr chéni , la deuxième dîme, au Lévi et le maassèr ani la dîme aux pauvres. Au XVI° siècle, les Cabbalistes de Safed ont donné à cette fête un nouvel éclat et l'on a instauré tout un Sédère de consommation de 15 - 30 - 72 fruits divisés en plusieurs catégories. En Israël, Tou bichevat est devenu un jour d'excursion pour les écoles, de découverte de la Nature et de plantation d'arbres. Chez nous, en Galout gauloise, Tou Bichevat est resté le jour où l'on réunit et on consomme le plus grand nombre de fruits : symboliquement, il en faut au moins 15 espèces comme la valeur numérique de Tou (15). Quoi qu'il en soit, c'est l'arbre et le fruit qui sont au centre de la fête. Quelle importance la tradition attache-t-elle à ces deux éléments de notre environnement ? PEDAGODIE GRACE AUX FRUITS : Nous lisons dans les Pirqé Avot (chap. III : 22) : " Celui dont les connaissances dépassent les bonnes actions, a quoi ressemble-t-il ? À un arbre qui a beaucoup de branches et peu de racines. Que vienne une tempête et il est déraciné .... mais celui dont les bonnes actions dépassent les connaissances ressemble à un arbre qui a peu de branches et beaucoup de racines. Tous les vents du monde se déchaîneraient contre lui qu'ils ne parviendraient pas à l'ébranler ". Notre Tradition, pour nous enseigner la primauté de l'action sur l'étude, a choisi la métaphore de l'arbre. Une connaissance du judaïsme qui n'est pas accompagnée de la pratique des mitsvot est sans fondement ; c'est une connaissance qui reste théorique, que rien ne distingue de la connaissance de telle ou telle science. Elle ne constitue pas un rempart suffisant contre les fautes. La génération du désert est appelée " dor deïa " " la génération du Savoir ", car elle a atteint, disent certains rabbis, un degré de connaissance peut-être unique dans l'histoire. Cela ne l'a pas empêchée de construire le veau d'or et de prêter foi au rapport négatif des explorateurs, ce qui a entraîne sa mort dans le désert. Et nous connaissons la suite, alors, ne commettons pas l'erreur.. |