L'AJLT en dialogue avec les autres spiritualités
Dimanche 29 novembre 2009
Notre rabbin Michel Liebermann a participe le dimanche 29 novembre 2009 à une rencontre interreligieuse autour du thème "la fraternité comme réponse À la crise".
Cette table ronde était proposée À l'invitation des musulmans représentant le soufisme (mouvement tolérant fondé sur la spiritualité), À l'occasion de la tente d'Abraham, qui se tenait salle Tolosa, À l'Institut Catholique rue de la fonderie À Toulouse. Le rabbin Michel Lieberman pour la communauté juive libérale de Toulouse, Hamid Demmou organisateur de la tente d'Abraham représentant le mouvemen
t soufiste, la soeur Kathya Michael pour l'église catholique, la pasteur de l'Eglise réformée de France du temple du Salin, et un moine bouddhiste ont échangé leurs points de vue sur la fraternité dans un esprit ouvert et œcuménique.
Le moine bouddhiste a distingué la loi qui nous est donnée et la loi qui nous est imposée avec ce double impératif d'obéir aux lois de l'universel et aux lois du pays. La pasteur a estimé que la fraternité relevait de la loi qui nous est donnée, mais que c'est pas notre action que nous devons agir pour développer et faire prospérer cette prédisposition qui est en chacun de nous. La soeur Kathya Michael a parlé du terreau qui rend la graine fertile qui produira les fruits alors que la même graine placée entre des pierres ne prospère pas, c'est par la fraternité que nous fertilisons cet acquis qui nous est donné Hamid Demmou a rappelé le sens de la recherche de la paix et de la fraternité autant à ses frères musulmans de l'Oumma qu'à tout homme de la communauté des croyants ou de la communauté humaine, au nom du rattachement à Adam, reconnu dans l'islam comme le père de tous les hommes et le premier Khalife. Michel Liebermann a rappelé la difficulté devant laquelle nous sommes pour pratiquer la fraternité avec nos frères, nous ne devons pas oublier le fratricide entre Caïn et Abel, pour bien comprendre la difficulté de la relation entre frères. Ainsi, il a rappelé que si deux frères agissent parfois de concert, chacun peut donner un sens différent À son action, lorsque les deux fils de Noé recouvrent la nudité de leur père l'un Sem le fait parce que ce n'est pas bon, l'autre Japhet le fait parce que ce n'est pas beau. L'un a le souci du devoir moral, l'autre de l'esthétique.
Enfin, les débats avec la salle ont porté sur le sens À donner À l'action fraternelle, si Régis Debré oppose dans son dernier livre fraternité et fratrie qu'il rejette, et ne trouve de sens À la fraternité que dans le combat, un consensus s'est fait pour refuser la notion de combat pour lui préférer la recherche tournée vers l'autre.
Abraham a fondé son alliance sur une loi universelle celle de la fraternité et de l'amour du prochain qui résume À elle seule toutes les autres lois. Les participants se sont quittés en souhaitant renouveler ces rencontres qui permettent des échanges très riches avec les apports de chaque tradition dans un esprit d'ouverture.
L'AJLT et le rabbin Michel LIEBERMANN remercient les scouts musulmans et le mouvement soufiste de cette initiative.
P Y. Amalric