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"Vilna, la Jérusalem du nord n'est plus"
Quelques cartes postales de la ville...
Lundi 2 juin 2008

Si vous allez à Vilna un jour, peut être que comme moi vous pleurerez, en arrivant, le massacre de gens qui vivaient dans des maisons de poupées.
Si vous priez dans les fosses de Ponar, comme moi, vous entendrez les voix de tous les autres vous accompagner, et comme Henri Minsceles vous aurez envie de témoigner de la Jérusalem du nord.
Vilna est à quelques kilomètres du centre géographique de l'Europe, loin de l'Allemagne de la Russie et de la Pologne, ou bien au milieu ?
Cette communauté fut particulièrement peu influencée par les autres cultures sinon la russe. La lointaine Russie car la population était polonaise.
Vilna C'est le centre du Yiddishland. Elle était aussi le centre du monde juif voici pourquoi :
D 'apres l'historien Poliakoff, le socialisme juif et la sionisme doivent leur grandeur à Vilna. Quand Herzl arriva à Vilna , il fut acclamé comme un roi. Mais Lité ce n'est pas la Lituanie actuelle, Vilna en était la capitale, Lité englobait de 1623 à 1764, un vaste territoire, un carré de 500 km de côté. L'ensemble de ces villes avait appartenu au même vad, le conseil juif de Lituanie.
Les juifs étaient un 1/8 de la population, les villes se composaient parfois d'un tiers ou de la moitié de juifs.
Au recensement de 1875 Vilna ville comptait 82688 habitants, dont 37909 Juifs (près de 46% de la population, et ainsi le groupe de population le plus important).
Les traits livaks, celui des juifs de lité ou de la Litvaquie étaient le goût des constructions logiques, l'amour de l'étude, un intellectualisme lié à l'effort, une certaine rigidité voire une sécheresse, une causticité dépourvue d'effusions sentimentales.
Qu'ils soient nés à Vilna ou dans les stetl de la périphérie, ils se réclamaient litvaks, c'était à la fois des romantiques et des hommes « mit a tsaylem kop ».
Ayant été des Misnagdims pendant plus d'un siècle, les juifs de Lité en avait hérité quelques caractéristiques.
Ce comportement influença la yiddikeit.
- Vilna où les juifs pouvaient abandonner la religion et adopter la culture occidentale et rester juif d’après le discours de Léon Chertok en 1980.
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Vilna n'était pas la Jérusalem du nord comme on l'appelle souvent car qu'était la Jérusalem à l'époque de la grandeur de Vilna.
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Vilna fut un frémissant passé de combats sans nombre sur les champs de batailles de l'esprit.
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Vilna fut avant tout cosmopolite dans cette région différentes ethnies se sont aussi détesté depuis toujours. Aaron Libermann entraîna derrière lui une cohorte de révolutionnaires qui conduira à la fondation du Bund en 1897
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Elle fut le lieu de discussion entre les tenants de l’hébreu et du yiddish.
Si en URSS après un âge d'or, le yiddish fut promu malgré la mise hors la loi de la religion et des yechivoth, les intellectuels yiddish n'en finirent pas moins au goulag, c'est donc paradoxalement en Pologne ou en Lituanie que la culture juive fut la mieux préservée.
Le 24 mars 1925 y fut crée le yihvo et une semaine plus tard l'université de Jérusalem.
Cet institut se consacrait notamment à l'étude de la population juive dans le monde, Son enrichissement par les études juives, il appliquait les sciences sociales pour comprendre l'identité juive
A Vilna, les enseignes des magasins étaient libellées en yiddish, les chèques étaient yiddish les partis politiques se concurrençaient en yiddish. Le yihvo reçut le patronage d'Albert Einstein et de Sigmund Freund.
A partir des années 20, les avant-gardes dominent la scène intellectuelle, le dadaïsme en France, l'expressionnisme en Allemagne, le yung yiddish à Lodz, il y eut le yung vilné à Vilna.
Son mot d'ordre « Nous sommes d'abord des réalistes rien que des réalistes, dans notre croyance mystique, dans notre symbolisme, dans nos appels à l'impressionnisme l'expressionnisme et le cubisme. C'est-à-dire un réalisme sans limites. »
On était loin de la guerre à Vilna en 1941 , loin de l'Espagne, même de l'invasion de la Pologne car elle était devenue russe , la ville était insouciante.
Elle fut l'un des premiers lieux de la shoah par balles lors de l'invasion allemande.
Le chant des combattants de Vilna est devenu célèbre et était l'hymne des combattants du ghetto de Varsovie. « Ne dit jamais que c'est ton dernier chemin »
Les allemands voulaient nous transformer en poussière, mais nous nous sommes levés des crématoires et nous sommes parmi les créateurs de l'état d'Israël
C'est la supériorité de l'esprit sur la force brutale, la victoire historique du ghetto.
D'après la vision très optimiste de Dorjeski, médecin et survivant du ghetto de Vilna.
L. Gambourg
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