AJLT-CJLT
vie cultuelle
Calendrier
Deracha
Evénements
Fêtes
Paracha
Valeurs juives
judaïsme libéral
Articles
Qui sommes-nous?
vie culturelle
Communauté
Mémoire(s)
Vu / Lu
albums
Synagogue
Evénements
contacts
Administrations
Commissions

Rejoignez-nous sur les forums de l'AJLT

--
Synagogue de la rue du Colonel Driant

Evénements

En mémoire d'un Juste parmi les Nations
Par Daniel RAAB

Voir toutes les photos

Il y a un an disparaissait une grande figure qui a incarné les combats pour la Liberté  : l'Abbé René de NAUROIS nous a quittés le 12 janvier 2006 dans sa centième année.

C'est pour commémorer ce premier anniversaire et ouvrir l'année des Justes parmi les Nations que l'Association des Juifs Libéraux de Toulouse (AJLT) a demandé à l'historien Jules SOLETCHNIK, d'évoquer le parcours de l'Abbé de NAUROIS, titulaire de titres magnifiques : Juste parmi les Nations, Compagnon de la Libération et membre du Comité d'Honneur de la LICRA .
En ce dimanche 14 janvier, le Centre Communautaire Roger ZIMERMANN accueillait les personnes intéressées par la lutte contre l'oppression.

Autour du Président de l'AJLT, Patrick LASKAR, se trouvaient, Michel DAGRAS, Vice-Recteur de l'Institut Catholique, représentant Mgr Robert LE GALL, Archevêque de Toulouse et le Recteur Pierre DEBERGE, Gisèle POLYA-SOMOGYL, Présidente d'Amnesty International pour le Gers, Gérard FOLUS, Président de LICRA.Midi-Pyrénées et Vice-Président National de la LICRA , Sour MICHELLE, le Père Pierre RAFFIN, de la Paroisse d'Empalot, ainsi qu'une attentive assistance.

Dans sa présentation, Daniel RAAB, administrateur de l'AJLT et Président de LICRA.Gers, devait rappeler les traits de la personnalité de cet être exceptionnel qu'il a comparé à un « nouveau Bayard  » : prêtre au service de chacun, risquant sa vie pour sauver les persécutés, «  Aumônier de la France Libre  » (*) officier des FFL (Forces Françaises Libres) qui débarquera en Normandie avec les « bérets verts » du commando Kieffer, participera à la libération de la Belgique et des Pays-Bas, scientifique reconnu au niveau international. Ces activités n'ont pas été sans quelques ennuis avec la police de Vichy : il dérangeait ; l'Intendant de police de Toulouse avait confié: « L'Abbé de Naurois, il nous embête ! ». N'est-ce pas le lot de ceux qui veulent faire bouger, faire avancer et vaincre l'inertie.

Jules SOLETCHNIK, lui-même membre de la LICRA , a, dans son exposé, privilégié le côté historique. Auteur, avec Francis PUJOL, d'un ouvrage sur la vie à Revel pendant l'occupation (**), il a évoqué l'environnement familial de l'Abbé, élevé dans un milieu traditionnel mais républicain (sa famille a pris position pour le Capitaine DREYFUS) où le respect de la personne humaine tient une place primordiale. Professeur à l'institut Catholique de Toulouse, dont son cousin, Bruno de SOLAGES, était Recteur, il a été un catalyseur par l'implication des évêques de la région dans la lutte contre l'occupant et le sauvetage des Juifs. Très tôt, il avait dénoncé la montée du nazisme qu'il nommait « barbarie monstrueuse ».

L'Abbé René de Naurois, c'est la revue «  Esprit  », avec Raymond ARON, Jacques MARITAIN, Bertrand de JOUVENEL, Emmanuel MOUNIER, c'est le refus de serrer la main à Pierre LAVAL, c'est le mouvement «  Combat  », avec Henri FRESNAY, Silvio TRENTIN, Léo HAMON (qui s'appelait, à l'époque, GOLDENBERG), c'est la manifestation du 16 juin 1942 à Toulouse pour perturber la conférence du professeur nazi GRIMM, au cours de laquelle la Marseillaise a retenti place du Capitole, ce sont les dénonciations dont il a été victime, ses relations privilégiées avec Mgr SALIEGE, Archevêque de Toulouse, Mgr THEAS, Evêque de Montauban, sa rencontre, à Londres, avec le Général De GAULLE.

Diverses personnes sont intervenues dans le débat qui a suivi : Monique-Lise COHEN qui avait réalisé le film «  l'Ecriture et la Guerre  » et organisé des conférences avec René de NAUROIS, rappelant ses visites dans les Yeshivot, Gisèle POLYA-SOMOGYL indiquant les actions d'Amnesty International, le journal de Pierre FEIGL, enfant caché dans le Gers, la colonie Monteleone, la Maison des Quakers à Condom, Gérard FOLUS évoquant la mémoire de son père Robert FOLUS, dont le cabinet d'avocat, à Nancy, avait été incendié par les nazis, fondateur de la LICRA de Toulouse, nommé, à la Libération , Commissaire du Gouvernement par le Général De GAULLE.

Pour conclure, il a été décidé de proposer l'organisation d'une exposition à l'Institut Catholique ou au Musée de la Résistance et de demander à la Municipalité de Toulouse qu'une rue ou une place porte le nom de l'Abbé René de NAUROIS.

 

(*) Aumônier de la France Libre , par René de NAUROIS, Editions Perrin

(**) Revel des années noires 1939-1945, par Francis PUJOL et Jules

SOLETCHNIK, Anne-Marie Denis, éditeur

 

DROITS DE REPRODUCTION ET DE DIFFUSION RESERVES © AJLT 2005-2007