CYCLE 2006/2007 DE CONFERENCES DE L’AJLT
Le 19 novembre 2006:
Les judaïsmes à l'épreuve des Lumières - Les stratégies critiques de la Haskalah 
Par Valery RASPLUS
Valéry Rasplus, est sociologue et se définit comme essayiste.
Cette année, il a publié notamment dans les Cahiers Rationalistes « De l'esprit talmudique à la haine de soi »
Dans cet article, le Talmud est décrit à juste titre comme étant une somme infinie d'interprétations et de commentaires. Il ne doit pas être vu comme étant la source d'une vérité absolue révélée, car il n'est pas figé.
Au contraire le Talmud invite à renoncer au définitif et aux conclusions radicales.
Cette interprétation permet à Valery d'aborder avec beaucoup d'humour le thème de l'identité juive qui est multiple et qui est revendiquée de mille façons, car il existe des juifs religieux, athées, agnostiques, judéophobes. On retrouve le thème de l'identité comme fil conducteur dans un autre de ses articles, publié à l'occasion d'un numéro spécial de la revue Contre Temps n°17 de septembre 2006 sous la direction de Philippe Corcuff et de Sophie Wanich, historienne du CNRS spécialiste de la révolution française.
C'est de cette étude qu'il nous a entretenu ce soir.
Les judaïsmes européens allaient être soumis à l'épreuve des Lumières comme expérience de la pensée critique et comme esprit politique. La raison pure se fait alors raison pratique avec la volonté de réformer l'Homme, de transformer la société et le monde en profondeur. Faire voir la Haskalah c'est pour Valery, encore et toujours, mettre en lumière un questionnement critique et jamais terminé sur l'identité, sur les identités, dans un monde dominé par une mondialisation produisant hétéronomie et nivellement idéo-culturel.
Les premiers pas de la Haskalah se font en Italie. Moshe Hayim Luzzatto (1707-1746), dit Ramhal, en fut le principal acteur. La remise en cause de pouvoirs abusifs au sein de sa communauté ne se fera pas sans heurts : une grande partie de son ouvre fut détruite par des rabbins qui trouvaient dans ses écrits des relents de sabbataïsme.
Plus connue est la Haskalah allemande et sa figure de proue Moïse Mendelssohn (1729-1792), négociant le jour et philosophe la nuit.
L'auditoire fut conquis par les propos de l'orateur qui fit un exposé très brillant et après le traditionnel questions réponses, la soirée se termina autour d'une sangria.
Prochaines conférences :
Lundi 4 décembre à 20H30
«Les penseurs libéraux contemporains Leo Baeck, le maître de Theresienstadt»
par Rabbi Michel Liebermann
Le dimanche 10 décembre à 17h
« Le nom de D.ieu et la philosophie »
par Monique Lise Cohen
Nous vous y attendons nombreux !