LA CULTURE...UN OUTIL CONTRE L'ANTISEMITISME......
Derashot

 

 

DERASHA de Thomas Fridman à l'occasion de sa Bar Mitzvah:
Le 4 septembre 2010

Commentaire de la Paracha Nitsavim

La paracha Nitsavim est la 51eme paracha  tirée du 5eme livre de la Torah, le deutéronome ou Dévarim en hébreu.
Après avoir guidé son peuple pendant quarante années, Moise s'apprête à le quitter pour rejoindre le Monde futur. Lors d'une ultime convocation, il s'adresse pour la dernière fois à tout le peuple d'Israël pour l'encourager à suivre les voies de la Torah ...
Cette paracha contient plusieurs principes fondamentaux de la foi juive.
Une notion très importante pour moi est abordée, tout au long de la Paracha : Le libre arbitre.
C’est de cela que je souhaiterai vous entretenir.

Le libre choix que donne D-ieu aux Hébreux de choisir entre le bien et le mal :
"Je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, tu choisiras la vie afin que tu vives, toi et ta descendance". (Deut.30:19)
En même temps, on peut s’interroger, comment un être vivant est libre de choisir entre la vie et la mort sans envisager l’hypothèse du suicide ?
La vie et la mort ne sont envisagées ici que comme principes et valeurs. La vie signifie grandir, s’épanouir…( mon père aurait rajouter étudier)
La mort c’est l’inverse, arrêté de grandir, se fossiliser. (regarder la télévision, jouer a la PS3)
C’est donc en choisissant la vie, d’être, et non pas seulement d’exister dans cette vie, que l’on arrive a la liberté. La Torah attire notre attention sur le fait que l'on a le choix d'accepter ou de refuser, elle nous recommande seulement d'accepter "la vie et le bien".
Le choix du bien n’est pas une adhésion a une morale théorique, c’est un vrai choix, concret, et tout au long de son existence.
D-ieu n'a pas imposé à l'homme, d’être juste ou méchant, d'être sage ou insensé, d'être avare ou généreux, c'est lui même, qui, en pleine indépendance, choisit la voie qu'il désire prendre.. D-ieu nous indique quel choix il attend de nous. Même s’il ne s'agit pas ici de subir une contrainte, mais d'accepter des directives.
Dans cette paracha, l’adhérence à ce pacte, se fait par consentement et non pas, comme sur le mont Sinaï, où Israël, donne son engagement sous la contrainte. Le principal souci de Moise, au moment ou il se prépare à quitter ce monde ne concernait pas sa propre famille, ou autres affaires privées, ce qui le préoccupait au plus au point, c’était l’avenir de son peuple.
Avant de mourir Moise essaie de nous faire entendre ce message de dieu, ce renouvellement de l’alliance conclue au mont Sinaï, et cette fois ci, tout le peuple est réuni face a moise, debout fièrement dressé. ( nitsavim )

De la complexité du monde nait une multitude de situations et d'attitudes qui sont toutes susceptibles de mener au bien ou de mener au mal.
La coexistence du bien et du mal ne se justifie en effet que dans la mesure où l'homme peut rejeter le mal et choisir le bien

Nous avons vu que pour que l'homme puisse jouir du libre arbitre, il fallait qu'existe la possibilité du mal.
Avant la faute d'Adam, le mal ne faisait pas partie de la personnalité humaine, il lui était extérieur.
Dès que l'homme eut commis la faute décrite dans la Genèse, il commença a avoir un "Yetser HaRa" (mauvais penchant.
Ce dernier devint une force que l'homme ne parviendra désormais à surmonter qu'au prix des plus grandes difficultés. C’est à ce sujet qu’il est dit « Car cette Mitsvah que Je t'impose aujourd'hui, elle n'est ni trop ardue, ni placée trop loin. Non ! La chose est tout près de toi », (Dévarim, 30, 11-14), la Mitsvah dont il est question ici est bien celle de la Téchouva (le repentir). Celle-ci est donc définie comme proche de nous, « et c'est pourquoi à tout moment on peut en faire usage et se repentir »

En d'autres termes, non seulement l'homme a les moyens de surmonter son mauvais penchant, mais en plus, il doit apprendre à l'utiliser pour le combattre. Et en exploitant ces mêmes fautes qui l'ont fait trébucher, l'homme pourra donc en sortir plus triomphant encore. Certes, jamais cette perspective ne doit servir de prétexte pour justifier un mauvais comportement. Au contraire, l'être humain doit à tout moment se préserver de la faute et prier pour ne jamais être confronté à une épreuve.
Il faudra toute la persévérance de mon père  pour que je commence à prendre conscience que je suis a mon tour héritier de certaines valeurs.  Quand est venu pour moi le moment de choisir ma voie, Je n’ai pas choisi la plus facile, loin de là.

Encouragé par ma famille, et avec le soutien de mes professeurs du Talmud Torah, Patrick Laskar, Nadine Zimermann et Ruth Levy que je remercie encore pour leur enseignement et leur patience durant ces 3 années,  je me lance dans l étude. J apprend  les fondements, les prières et leurs significations, à lire l’hébreu, puis je passe devant le Beth Din à Paris, avec mon père et notre rabbi Michel Lieberman que je souhaite remercier à son tour pour son enseignement et sa patience à supporter mon stress.
J’ai bénéficié de son exigence et de sa rigueur, ce qui m’a permis de passer toutes ces étapes et de me tenir aujourd’hui devant vous.

Cette bar mitsvah, est l’occasion de remercier et faire honneur à certaines personnes qui comptent beaucoup pour moi.
Tout d’abord, Mon Grand père, lui dire, que cet héritage spirituel survivra, et j’espère ne pourra plus jamais s’effacer de notre famille.
C’est une victoire sur tous ceux qui ont souhaité nous anéantir dans le passé comme dans le présent.
A ma grand mère, je veux dire merci pour les kneidler qu’elles nous a préparés toutes ces années et même enseigné à cuisiner, à mon frère et moi, le caviar d’aubergine, et ses coquillettes au goût inoubliable.
Je voudrais remercier ma mère, qui m’a toujours soutenu dans ma démarche. J’imagine comme ça n’a pas été facile pour elle, de supporter tous ces changements, d’assurer les allers et retours au Talmud Torah, le tout assorti d’un adolescent, qui ne range pas sa chambre, qui essaie, je dis bien essaie, parce qu’avec mon père la révolution s’estompe vite, de mener sa vie, et qui vit dans le « balagan »... Pour être poli.
Maman qui organise le repas du chabbat et allume les bougies, passe ses vacances en Israël, m’a poussé a étudier mon sidour, et s’évertue à revendiquer son libre arbitre, (notion très présente a la maison)  sans parler de la pression omniprésente à l’approche de la bar mitsvah chez moi ces dernier temps.

J’aimerais aussi parler de ma sœur, Elsa, Qui malgré l’éloignement, a toujours été là pour moi, et a toujours été dans mon cœur. Je la remercie d’accepter mes convictions et de me soutenir. Compte tenu de l’éloignement, nous n’avons pas toujours l’occasion de communiquer comme je le souhaiterais, mais à chaque moment important, elle a su trouver les mots et je l’en remercie.
Au tour de mon frère Max ; son caractère impulsif, sans qui ma vie serait plus qu’ennuyeuse, sans qui je ne pourrais m’amuser, me distraire, surtout à mon jeu favori,  l’énerver.
Même s’il nous arrive de nous disputer, il a toujours été le premier à me forcer à aller travailler quand je n’en avais... comment dire... pas tellement envie.
Sous son aspect de crevette se cache un véritable fauve, prêt à bondir, ou motiver mes parents à me décrocher une claque...Maintenant je ne peux m’empêcher de penser qu’il sera bientôt à ma place…
Bon courage !
Enfin, mon père, Papa !!
Cette petite flamme qui est restée allumée dans son cœur, il a su me la transmettre, et j’ai pu ressentir, vues les heures de travail que nous avons passées ensemble, à quel point elle restait vivace….
Mon père est le lien qui relie et soude autour du judaïsme toute notre famille. Et aujourd’hui, à mon tour cette petite flamme ma été transmise.
J’ai conscience Papa d’être maintenant le garant de ce formidable espoir.
C’est bientôt Rosh Hashana, et c’est maintenant un homme que tu as auras à tes cotés pour cette nouvelle année.

Me tenir ici devant vous et faire ma bar mitsvah est pour moi et pour ma famille, bien plus que le fait de devenir un homme, c’est notre retour au sein de la Torah, au sein de la communauté.

Enfin je voudrai tous vous remercier d’avoir répondu présent.

T. Fridman


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