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Derasha

DERASHA de Lauren Levy à l'occasion de sa Bat Mitzvah :
Le 20 juin 2009

La paracha CHELA’H LEKHA, chapitre XIII (13) du livre des Nombres (Bemidbar) retrace une des étapes de la vie du peuple d’Israël en marche vers la Terre Promise, son port d’attache définitif.lauren
Au cours de cette longue marche, nombre d’enfants d’Israël se sont égarés, ont douté, se sont opposés à Dieu.Mais l’Eternel parla ainsi à Moïse :
« Envoie pour toi des hommes en vue d’explorer le pays de Canaan, que je donne aux enfants d’Israël ».Le peuple d’Israël, la Torah et la Terre sainte forment un ensemble indissociable.

Cette paracha nous enseigne que le peuple d’Israël  qui sortaient de 40 années d’esclavage en Egypte, qui avait été témoin de nombreux miracles en sa faveur, va prendre peur, hésiter, manquer de confiance et finalement « rater » son aliya !
A l’époque le peuple d’Israël manquait d’unité et n’avait confiance ni en Dieu, ni en l’homme. C’est à cause de ce manque de confiance en Dieu que l’Eternel parla ainsi à Moïse. Il n’y avait pas là véritablement un ordre de Dieu, mais plutôt un conseil. L’Eternel a bien précisé que la Terre sainte il la donnait aux enfants d’Israël et rien qu’à eux mais la Torah prône l’initiative humaine et l’effort personnel. Elle rejette, l’attente béate d’un miracle, il n’était donc pas inconcevable que malgré la promesse ferme de l’Eternel d’accorder cette Terre à son peuple, Moïse envoie des explorateurs pour apprécier cette Terre promise.

Arrivé aux abords de la Terre Sainte, Moïse va donc envoyer 12 hommes pour explorer le pays et lui rendre compte. Ces explorateurs choisis parmi les notables ou les personnalités des Tribus ont eu peur de perdre leurs pouvoirs et leurs prérogatives. Ils ont eu peur de perdre leurs privilèges, leurs avantages et droits acquis, ils ont eu peur que leur capacité de diriger soit mise en doute … Ils avaient pour mission d’observer l’aspect de ce pays, le peuple qui l’occupe, s’il était robuste ou faible, peu nombreux ou considérable, ils devaient observer si le sol était fertile ou maigre, s’il était boisé ou non.
Ils revinrent de cette exploration au bout de 40 jours et firent un compte-rendu fallacieux et mensonger. Certes c’est un pays où coulent le lait et le miel……. ils montrèrent les fruits qu’ils avaient ramenés, « mais » le peuple qui y habite est puissant, les villes sont fortifiées et très grandes.
Le « mais » est révélateur de leur peur. Ils auraient pu simplement décrire le peuple et les villes sans commentaires, sans jugement. C’était au peuple d’Israël que la décision appartenait. C’est toute la différence entre un « oui » franc et direct ! et un « oui mais » frileux et restrictif !

Pourtant deux explorateurs Josué et Caleb ont parcouru le même désert du Néguev, traversé la même cité d’Hébron « mais » sans en tirer les mêmes conclusions. On comprend bien ici l’importance du « mais » qui inverse les conclusions et transforme la peur en courage. Caleb fit taire le peuple pour écouter Moïse qui dit « Oui, nous y monterons  et en prendront possession car certes nous les vaincrons  … »
Mais les hommes qui étaient partis avec Caleb dirent : « Nous ne pouvons pas monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous .. » Cette notion de « montée » nous rappelle celle que l’on entend aujourd’hui pour définir ceux qui font leur « aliya ».
Etrange parallèle entre les « olime » ceux qui montent en Israël et ceux par confort, par peur de perdre leurs avantages, par peur de l’insécurité renoncent ou retardent leur aliya … leur montée en Israël.

Il y a toujours ce « mais » …… un peu frileux … Pourtant après 40 ans d’errance dans le désert et plusieurs siècles d’errance dans le désert des nations, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des nations unies approuve le partage de la Palestine.

Le 14 mai 1948, David BEN GOURION proclame la renaissance de l’Etat hébreux. Aujourd’hui Israël existe et rayonne :
- Par ses découvertes scientifiques et ses réussites technologiques,
- Par ses artistes (dans le domaine de la musique, du cinéma, de la culture en général)
- Par ses intellectuels (Prix Nobels ou anonymes)
Mais aussi par son armée pour défendre son existence sans cesse menacée.

Les Caleb et Josué du XX siècle se sont appelés David BEN GOURION, Golda MEIR, Chaïm WEIZMANN, Yitzhak RABIN et bien d’autres encore. Alors qu’Israël ne rassemblait en 1948 que 5,7 % de la population juive mondiale, elle regroupe aujourd’hui environ 50 % de cette population. Les premiers explorateurs ont depuis laissé la place aux pionniers, aux enfants d’Israël.

Que Dieu et les hommes puissent faire qu’au XXIème siècle nous soyons tous des explorateurs de la PAIX en Israël et dans le Monde. C’est sur cette note d’espoir que je termine mon commentaire.

J’ai traversé moi aussi mon petit désert mais j’avais à côté de moi des guides pour explorer les textes et guider mes pas. Je voudrais remercier tout particulièrement  mes enseignants :

Nadine ZIMMERMANN, responsable du Talmud Torah pour ses révisions du mercredi et ses encouragements ;
Monique Lise COHEN qui m’a fait partager, avec beaucoup de gentillesse et de simplicité, son amour des livres et des commentaires ;
Monsieur Patrick LASKAR, Président de l’AJLT,

Mais aussi et particulièrement Rabbi Michel LIEBERMANN qui m’a enseigné et m’a apporté la confiance et la rigueur dans la lecture et la compréhension des textes avec toujours cette petite pointe d’humour qui rend la traversée du désert moins longue.

Je voudrais aussi tous vous remercier pour avoir partagé cet évènement avec moi, à mes côtés, sans oublier mes parents coproducteurs de l’évènement, ma sœur Léna, mes mamies Gilberte et Danielle et papi Raymond.

J’ai enfin une pensée pour papi Salomon, tonton Roger et mamie Sabine qui veillent sur moi de la haut et qui je l’espère sont fiers de mon chemin.

Lauren

 

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