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Synagogue de la rue du Colonel Driant

Deracha

DERASHA de Sacha Naoun Casero à l'occasion de sa Bar Mitzvah :
Le 8 janvier 2009

SachaVay’hi, qui est donc la paracha que je viens de vous lire, nous expose les bénédictions que Yaakov donne avant de mourir, à ses fils et à ses petits-fils (ceux de Yossef : Ephraïm et Ménaché). Yaakov demande à Yossef de l’enterrer, non pas en Egypte où il vécut ses 17 dernières années, mais en Eretz Canaan  avec ses ancêtres.

Yossef fera selon son désir, et l’enterrera dans le lieu dit.
Bien sûr, il ne sera pas seul quand il ira enterrer son père : il sera accompagné de sa maison, de ses frères, des rois de Canaan  rencontrés en route, et des égyptiens qui connurent Jacob.
Je voudrais souligner que Vay’hi est la dernière paracha de la Genèse. C’est donc la fin du début ; qui plus est, Vay’hi est une paracha appelée « stouma » car elle s’enchaîne directement avec celle qui la précède.

Nous n’avons donc pas de marges entre les deux parachot et nous devons les enchaîner tout de suite, sans pouvoir reprendre son souffle.

On entre donc dans Vay’hi avec une impression de malaise ou de manque d’air. Une majorité de commentateurs s’accordent à dire que cette impression de mal être pourrait annoncer les malheurs qui vont s’abattre sur le peuple juif, comme l’esclavage en Egypte, mais aussi la mort imminente de Yaakov. Dès les premières lignes de la paracha, on dit à Yossef que son père est malade ; je voudrais souligner que c’est la première fois dans la Torah que l’on parle de maladie, et Yaakov sera le premier à mourir de maladie (avant, les personnages de la Torah mouraient naturellement…).
Qui plus est, Yaakov sera le seul à bénir ses enfants et mourir juste après ; bien sûr, d’autres patriarches, comme Isaac  béniront leurs enfants quand la mort sera proche pour eux (même si Isaac mourra 20 ans après avoir béni ses fils).

La paracha Vay’hi va donc nous présenter une série de bénédictions accordées aux enfants et aux fils de Yossef par Jacob.
Je vais me pencher sur les deux premières bénédictions de cette paracha, offertes par Jacob non pas à ses fils, mais à ses petits-fils (Ephraïm et Ménaché).

Alors pourquoi ai-je choisi ce passage en particulier ? Il y a deux raisons :

Tout d’abord, je trouve intéressant qu’aujourd’hui, c’est avec ces noms (Ephraïm et Ménaché) que les pères de famille bénissent de générations en générations leurs enfants tous les vendredis soirs et à Yom Kippour, du moins chez les Ashkénazes, en disant : « Puisse l’Eternel te (ou vous) rendre comme Ephraïm et Ménaché». Ils citent mot à mot la bénédiction de Yaakov : voilà ma première raison.
La deuxième raison est en fait une question que je me suis posée : pourquoi un verset comme celui-là (je parle du passage de la bénédiction) a pu avoir un effet trans-générationnel ?

Pourquoi cette bénédiction est répétée tous les chabbat soir par les pères de famille ?
Et pourquoi la bénédiction souhaite que les enfants soient comme Ephraïm et Ménaché, et non pas par exemple comme Abraham ou Moïse ?

Sacha

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