Derasha de Elia Biezunski - 10 juillet 2000
Paracha H'OUKAT
Ma paracha se situe durant l'exode après que le peuple Hébreu soit sorti d'Egypte. On peut diviser cette paracha en 3 parties :
La première que je n'ai pas lue dans la Torah, parle de tous les rites purificateurs pour les hommes et les femmes ayant eu des contacts avec les morts. L'eau y joue un grand rôle comme élément purificateur.
La seconde raconte un épisode de la vie des Hébreux. A ce moment, le peuple Hébreu arrive dans le désert de Cin où Myriam meurt et est ensevelie. Or le peuple manque d'eau et se rebelle contre Moïse. Bien sûr, l'eau est essentielle pour la vie des hommes et des bêtes, mais ici, étant donné l'importance de l'eau dans les rites purificateurs, on peut supposer que la querelle des Hébreux contre Moïse aurait un rapport avec l'impossibilité d'accomplir tous ces rites. A ce moment, le peuple Hébreu doute et regrette d'avoir quitté l'Egypte pour "un pays qui n'est pas un pays de cultures, où il n'y a ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, ni eau à boire".
La troisième partie nous montre les relations des enfants d'Israël avec les autres peuples, notamment celui d'Edom dont ils doivent traverser les terres pour aller en Canaan. L'ensemble de ces textes est très riche, mais j'ai choisi de développer 2 ou 3 idées qui m'ont particulièrement intéressée : la Liberté, l'Autonomie, et les relations avec les étrangers.
La Liberté :
On peut prendre cette histoire à différents niveaux :
- soit simplement comme l'histoire d'un peuple opprimé en Egypte, qui a décidé de partir. - soit à un autre niveau comme l'histoire d'un groupe aliéné moralement et physiquement, sous la domination d'un autre peuple, qui choisit l'autonomie et la liberté. Ils se retrouvent dans le désert où leur situation devient plus difficile et plus inconfortable.
On peut faire une comparaison avec un individu qui serait esclave de la pensée des autres, se trouvant dans un bien être matériel tout en taisant ses scrupules, victime d'idéologies et de préjugés. Cette situation peut paraître plus facile, mais malgré l'inconfort s'il acquiert sa liberté en étant maître de lui-même avec une pensée libre, critique et une liberté d'expression et de sentiment, il sera honnête et responsable envers lui-même ; et par la même occasion aura meilleure conscience. Cette situation est plus difficile à assumer.
L'Autonomie :
Dans ma seconde idée, je compare le temps où les Hébreux étaient esclaves en Egypte, à l'enfance ( en exceptant les mauvais traitements ). Celle ci représenterait l'insouciance mais aussi l'irresponsabilité, où l'on adopte sans discernement les idées de ses parents qui nous dirigent , tout comme les Egyptiens dirigeaient et administraient nos ancêtres. L'arrivée dans le désert avec ses doutes, ses incertitudes représenterait l'adolescence qui va vers la maturité et l'autonomie. Comme pour le peuple d'Israël dans le désert, l'adolescent devient critique, se rebelle mais a toujours besoin d'un guide.
Les relations avec les Etrangers :
Ma troisième question est : Pourquoi, lorsque le peuple d'Israël veut traverser les terres d'Edom, même sans rien manger, boire ou abîmer, celui-ci refuse-t-il ?
J'ai pensé à plusieurs hypothèses : - soit Edom et son peuple n'acceptent pas les Etrangers quels qu'ils soient et quoi qu'ils fassent, par pure xénophobie ; - soit ils n'acceptent spécifiquement pas les Hébreux, peut-être à cause de la peur de leur Dieu qui risquerait de séduire le peuple d'Edom par l'attrait de la Liberté , de l'Autonomie et de l'Espérance en un Nouveau Monde.
Voila, au premier abord cette paracha m'avait paru hermétique, et je n'ai pas pu exploiter toute ses richesses, mais elle m'a fait réfléchir et je crois que c'était le but. J'aurais voulu remercier Catherine et Marc qui m'ont préparée, soutenue et accueillie les vendredi soirs, Zévic qui m'a appris à lire, écrire et dire quelques phrases.