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"IGERET LIKHVOD CHABBAT"Lettre de chabbat n°5770-34
Par Rabbi Michel Liebermann

Résumé de la paracha Beha'alotekha...

où il est aussi question du fameux candélabre en or, la Menorah. Aaron se voit ordonner d’allumer les lampes de la la Ménorah, le candélabre du Sanctuaire et la tribu de Levi dans son ensemble est introduite au service dans la Tente d’Assignation. On parle également d’un second Pessa’h est institué à la demande des juifs rituellement impurs lors du premier Pessa’h au mois de Nissan. Moïse reçoit de l’Eternel les instructions relatives au voyage et aux stations dans le désert et le peuple voyage suivant ses formations par tribu après avoir quitté le Mont Sinaï où il était resté près d’un an.Le peuple est alors « comme cherchant de mauvais prétextes », faisant mine de regretter la nourriture d’Egypte remplacée par le pain du ciel, la manne. Il réclame de la viande à Moïse. Celui-ci nomme 70 anciens et un peu de son esprit se place sur eux : ils partageront avec Moïse le fardeau du gouvernement du peuple.menorah
L’autre thème, qui fait couler beaucoup d’encre, est celui de Myriam qui tient des propos négatifs sur son frère Moïse et sur sa belle - soeur et se trouve affectée de lèpre. Moïse prie pour sa guérison, c’est la prière la plus courte dans la Bible, et la communauté toute entière interrompt son voyage pendant sept jours.

COMMENTAIRE : Notre Paracha commence par l'ordre d'allumer le candélabre. Rachi interprète le terme utilisé par ce verset "Behaalote'ha - tu élèveras" de la manière suivante : La flamme devra monter d'elle même. L'allumage de la Menorah au Temple fait trait à la nature même du service de Dieu que chaque juif, étant soi-même une source de lumière destinée à éclairer, doit accomplir. Les Bné Israël sont constitués, comme la Menorah, d'un corps et d'une partie destinée à illuminer le monde (la Nechama) comme l'exprime le verset : "L'âme est la lumière de Dieu ". Le rôle des Bné Israël est donc de rassembler à la Menorah c'est-à-dire diffuser la lumière de son âme. De même qu'au Temple, c'est le grand prêtre Aharon qui allumait la Menorah, c'est l'Éternel qui allume la flamme contenue dans chaque juif. Dieu envoie l'âme dans ce monde, il y fait brûler une étincelle et lui insuffle la force nécessaire pour répandre cet éclairage jusqu'à ce que la lumière générée "brille d'elle-même". Ainsi, le fait qu'un juif brille de cette lumière divine ne suffit pas à contenter Éternel. Pour cela il lui faudra, par ses propres efforts, contribuer à générer une lumière de sainteté dans le monde. C'est à ce titre que le libre-arbitre lui a été donné : agir par sa propre initiative et sa volonté personnelle. Mais si c'est Éternel qui entame l'allumage et qui insuffle les forces nécessaires pour que la flamme "brûle d'elle même", comment concevoir que la flamme brûle d'elle même puisque cela est fait grâce au concours de Dieu ? La réponse à cette question se trouve dans un principe Hala'hique : "Contribuer ne constitue pas une réalité" (Chabbat 93b). Le fait que l'Éternel contribue et aide chaque juif à réaliser cette mission ne retire pas à l'homme la nécessité d'œuvrer afin que cette situation spirituelle se traduise et soit objectivement visible dans ce monde matériel. C'est la part qui revient à l'homme : Traduire cette aide divine d'ordre spirituel en actions concrètes dans ce monde. La faculté d'agir concrètement dans ce monde est, conformément à la volonté de l'Éternel, réservée à l'homme. L'Éternel a ainsi désiré que les préceptes spirituels soient introduits dans la matérialité par l'effort d'un être physique. C'est ainsi que se réunissent deux notions a priori contradictoires : C'est d'une part l’Eternel qui allume la flamme contenue dans chaque juif et qui lui donne également la faculté de briller mais c'est toutefois les Bné Israël qui, de leur propre initiatives, intégreront cette lumière dans la vie quotidienne. Cette mission incombe à chacun : éclairer sa personne ainsi que l'ensemble du monde de la lumière divine jusqu'à ce que ce rayonnement se fasse de lui-même.

Un voyage à travers les textes, les manuscrits de la Bible sont-ils fiables ? Nombreux s’interrogent sur la continuité des textes bibliques dans le temps. Et donc de sa fiabilité. La Transmission des manuscrits de la Bible ( en Hébreu TANAKH, acronyme de Torah, Neviim et Ketouvim, soit 24 Livres) constitue un véritable miracle. Nous ferons les comparaisons avec les grands textes qui marquent l’histoire de la pensée. Commençons par les références chrétiennes ; il existe actuellement plus de 5300 manuscrits complets des Evangiles, auxquels il faut ajouter 24633 portions, plus de 10000 manuscrits de la version latine de la Vulgate, et 9300 copies d'autres versions. Aucun autre document de l'antiquité n'approche un tel degré de reconnaissance et n'est aussi bien attesté que la Bible. Parmi toutes les autres compositions littéraires, “l'Iliade et l'Odyssée” d'Homère est la seule qui puisse être comparée à la Bible avec seulement 643 manuscrits. En ce qui concerne les autres manuscrits anciens, on ne possède que 9 ou 10 bons manuscrits des “Guerres des Gaules” de Jules César (composé entre - 58 et - 50) dont le plus ancien date de quelques 900 années plus tard. Seulement 35 des 142 livres de “L'Histoire Romaine” de Tite-Live (de -59 à 17) ont survécu. Seulement 4 livres et demi sur 14 des “Histoires” de Tacite (100) ont survécu et nous possédons seulement 10 livres entiers et 2 partiels sur 16 de ses “Annales”. Le texte de ces deux grandes oeuvres historiques dépend entièrement de deux manuscrits qui datent respectivement du IXe et XIe siècle! Nous connaissons l'Histoire de Thucydides (-460-400) À partir de 8 manuscrits, dont le plus ancien date du IXe siècle, ainsi que de quelques papyri du début du siècle. Il en est de même de l'Histoire d'Hérodote, père des historiens (-488-428). Et pourtant, il ne viendrait à l'esprit d'aucun spécialiste de littérature classique grecque de remettre en question l'authenticité des oeuvres de Thucydides ou d'Hérodote parce que les manuscrits que nous possédons sont quelques 1300 années plus âgés que les originaux! Concernant l'Iliade d'Homère, le premier manuscrit complet date du XIIIe siècle, et les premiers fragments datent du – Ve siècle, alors que l'on estime leur date de composition à  - 900. Cela fait tout de même un écart de quelques 500 ans dans le meilleur des cas entre la date de composition et les premières copies partielles, et de plus de 2000 ans pour les manuscrits complets. Les Manuscrits de la Mer Morte, découverts en 1947, sont un millénaire plus récents que les manuscrits les plus anciens que l'on possédait du Tanakh (le Texte Masorétique date aux alentours de 900). Le livre d'Ésaïe qu'ils contenaient a été daté vers - 125, soit moins de 5 siècle après sa composition. Pour les textes fondateurs chrétiens, on estime que la composition de ceux – ci était terminée fin du Ier s. avec les écrits de Jean. Or Les manuscrits de la bibliothèque de John Rylands (à Manchester) contiennent l'Évangile de Jean. Ces manuscrits sont datés de l’an 130. ce qui fait un écart d'à peine 25 à 20 ans entre l'écriture de l'Évangile et la première. Le Papyrus II de Bodner (150-200) contenant la plupart du texte de Jean confirme la proximité avec l'original. La LXX (La Septante, traduction grecque du Tanakh ordonnée par le Roi Ptolémée Philadelphe d'Égypte [- III e siècle]) est très proche du Texte hébreu Masorétique et celui des Manuscrits de la Mer Morte. Le manuscrit le plus récent que l'on possède de la LXX date de 916. Ceci tend à confirmer la fiabilité de 1300 ans de transmission du texte biblique. En ce qui concerne la fiabilité du texte biblique la comparaison avec l'Iliade d'Homère est éloquente. Le NT(écrit en Grec) comporte à peu près 20000 lignes, tandis l'Iliade en comporte à peu près 15600. Seulement 40 lignes (ou 400 mots) du N.T. sont remises en question pour 764 lignes pour l'Iliade. Cela fait 5% de corruption textuelle comparée à la moitié d'1% de variantes similaires dans le N.T. Encore faut-il ajouter que seulement 400 sur 150000 de ces émanations jettent le doute sur le sens du texte concerné, et que seulement 50 de ces variantes textuelles peuvent en affecter le sens d'une manière significative. Cela signifie que le texte des Evangiles est fiable à 99,97%. Cela tient à la manière méticuleuse dont les scribes ont recopié le texte biblique en comptant systématiquement la valeur numérique des lettres pour vérifier l'exactitude de leurs copies. On peut en dire autant du Tanakh. Une comparaison du Texte des Manuscrits de la Mer Morte (-125) avec le Texte Massorétique (900) fait ressortir 5% de variantes, consistant principalement dans des variations d'orthographe qui n'affectent pas grandement le sens dans la plupart des cas. A titre d'exemple, sur les 166 mots du ch. 53 du livre d'Isaïe, seulement 17 lettres sont remises en question. 10 de ces lettres portent sur la manière d'épeler les mots qui ne change pas le sens, 4 autres sont des conjonctions (comme “et”), et les trois lettres restantes forme le mot “lumière” qui est ajouté au verset 11 sans en affecter beaucoup la signification. Ce n'est pas mal du tout pour des manuscrits distants de quelque mille ans! Il ressort de l'étude des manuscrits et de leur transmission que la Bible est fiable presqu'à 100%. Ceci est tout à fait unique en matière de critique textuelle.



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