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"IGERET LIKHVOD CHABBAT" Lettre de chabbat n°5768-31
Par Rabbi Michel Liebermann METZORA vous avez dit pureté ? Pureté et impureté, voici l'idée centrale des deux textes de la semaine, jumelées. En premier lieu figure la situation de la femme qui a eu un enfant et qui doit observer une certaine période de « purification » avant de venir, enfin, apporter son offrande de reconnaissance entre les mains du prêtre. La suite du texte t Le pur et l'impur : Dans les deux sidrot , la Torah développe les lois portant sur la distinction entre l'état de pureté (tahora) et celui d'impureté (toum'a), déjà introduits dans les chapitres précédents du Lévitique. On perçoit facilement le principe d'une progression de ces lois de purification dans le déroulement de ces sidrot : Plus l'homme est capable de sainteté et plus il devient vulnérable au risque d'impureté . On pourrait en effet considérer comme paradoxal le fait que ce soit précisément dans le Lévitique que se trouvent développées avec une telle minutie, et élaborées avec une telle précision, les définitions des situations d'impureté. Le Lévitique, en effet, désigné par les maîtres du Midrash par l'expression Torat Cohanim, la Torah des prêtres, peut être lu tout entier comme une invitation à réaliser en soi, à tous les niveaux d'être, l'être de sainteté. Et l'on pourrait supposer qu'une telle invitation ne concernerait que les personnes pour lesquelles aucune situation d'impureté n'aurait déjà plus de prise. Or, le principe enseigné ici par la Torah, est absolument opposé. Non seulement l'être de sainteté est exposé plus que d'autres au risque de l'impureté ; mais plus encore, c'est chez lui que l'impureté qui se dévoile, est effective. Elle se dévoile précisément dans l'effort d'élévation qui mène à la sainteté ; car cet effort consiste à évacuer, " mettre en dehors " littéralement, la part de mort qui est mêlée à toute vie dans la condition terrestre. C'est pourquoi donc ces prescriptions ne sont pas données avant l'invitation à la sainteté, mais précisément dans le propos même de cet appel. Cela est indiqué, en particulier, dans la lecture du terme même de métsora," atteint d'impureté", que rappelle le « Guélilé Zahav » en relation avec un enseignement du grand maître talmudique Rech Laqich : "le m étsora' peut aussi être lu en deux mots : m otsi ra, "celui qui fait sortir [de lui] le mal " . Or ce qui est vrai pour I'individu est vrai aussi pour la société. Une société qui dévoile ses impuretés, qui en prend acte et les ressent comme telles, est une société en marche vers sa vocation de sainteté. Nous avons abordé la semaine dernière, dans Chemini, quelques notions sur les concepts de « toum'ah » et de « tahara », que nous traduisons généralement par la pureté et l'impureté. Aujourd'hui, nous verrons que d'une formule négative, de ce qui apparaît comme étant une réponse négative, l'on peut en faire ressortir du bien. En somme c'est comme si quelqu'un refusait de répondre positivement à une de vos questions, vous en déduisez un grand bien pour tous. Les causes de l'impureté sont variées et variables : L'une des causes d'impureté, qui n'est plus connue à notre époque, se présente sous l'apparition sur le corps de la maladie que l'on appelait "tsaraat" , que l'on a l'habitude de traduire par "lèpre" bien que ceci ne soit pas une traduction précise. Un cas particulier et étonnant, qui est lié à cette impureté, apparaît quand cette maladie atteint la totalité du corps, la personne est considérée alors comme . pure. Comment une telle chose est-elle possible ? Parce qu'il s'agit d'un décret divin. Et même si cela va à l'encontre de notre logique, le texte de la Torah a décidé qu'il en était ainsi, et l'état de pureté est donc décrété "d'en haut". Temps d'impureté et temps messianiques : Le Talmud rapproche cette loi de l'avènement messianique. La plaie en question symbolise le monde de la « avéra », les fautes que nous avons commises. L'état de pureté la « geoula », c'est - à - dire la Délivrance. Le Midrash déclare : "Le fils de David ne viendra que lorsque toute la royauté se sera changée en hérésie". C'est à dire que lorsque le rejet de Dieu règnera, ce sera un signe de l'approche de la Délivrance. La même question revient alors : Comment est-il possible que la lumière de la Délivrance puisse apparaître dans une génération si basse, que c'est spécialement lorsque le Mal est dominant et que l'époque est propice à la Délivrance ? Ceci va à l'encontre de notre logique. Comme annonce le prophète d'Israël : "Alors j'inverserai les peuples en une langue raffinée afin que tous appellent par le nom de Dieu et le servent d'une même façon" . Alors ne loupons pas notre ouvre, continuons à ouvrer au tikoun Olam, au raffinement du monde, en recherchant la lumière qui est en nous et en notre prochain. Ainsi nous apporterons les étincelles de chalom pour Israël et les Nations.
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