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Synagogue de la rue du Colonel Driant

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"IGERET LIKHVOD CHABBAT"Lettre de chabbat n°5769-08
Par Rabbi Michel Liebermann

La paracha « Hayé Sarah » nous raconte qu’après avoir enterré sa femme Sarah, Avraham envoya son serviteur Eliezer quérir une épouse pour son fils Isaac. Or lorsque celui-ci arriva à l’endroit pour trousaraver cette épouse, il adressa à l’Eternel la prière suivante : La jeune fille à qui je demanderais de l’eau pour étancher ma soif, et qui me répondra « je vais te donner à boire ainsi qu’à tes chameaux », sera l’épouse que l’Eternel destine à Isaac . Dès qu’il finit cette prière, Rivka se présenta et lui répondit de la même manière.

UNE PRIERE INCORRECTE : Le Talmud dans Taanit 4, rapporte que la prière de Eliezer était « incorrecte », car il a imposé à l’Eternel son scénario, au lieu de demander tout simplement que l’Eternel le conduise sur le bon chemin pour lui faire réussir sa mission. Et le Talmud demande ce qu’il se serait passé si l’Eternel avait envoyé une personne laide ou méchante. Mais malgré tout, l’Eternel par amour pour Isaac, lui a envoyé Rivka. Sur cette page, il y a une autre question qui est posée dans Sota page 2, où il est dit que la destinée de l’homme (c’est à dire l’épouse qu’il aura) est proclamée au ciel 40 jours avant la conception du fœtus. Ainsi, s’il était prévu que Rivka soit la destinée de Isaac, pourquoi le Talmud nous dit que sa demande était mal formulée et qu’elle aurait pu avoir de mauvaises conséquences ? En fait la réponse se trouve dans Moed Katan 17. Il est dit qu’il est permis de se fiancer pendant les fêtes, bien que normalement il ne faille pas mélanger des joies différentes. La raison de cette tolérance est la crainte que quelqu’un d’autre prenne la destinée du jeune homme. Le Talmud nous révèle que la prière permet de changer le cours des choses et aussi de destinée.

UNE MAUVAISE PRIERE : On  nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui demandait tous les jours à l’Eternel dans sa prière de lui donner une certaine jeune fille comme épouse. Son Rav qui était son voisin à la synagogue, en entendant sa prière, lui dit qu’il ne fallait pas demander ainsi à l’Eternel, mais dire que si cela est bien pour lui que l’Eternel lui donne cela. Le jeune homme n’écouta pas le Rav et finalement obtint ce qu’il réclamait. Quelque temps après, le Rav l’entendit implorer l’Eternel de prendre l’un d’entre eux de ce monde, car il ne pouvait plus supporter la vie en commun avec cette femme ! Et le Rav lui dit qu’il l’avait prévenu, et qu’il ne fallait pas prier de la sorte.

Le grand maître de la cabale, Rabbi Louria nous apporte l’explication de tout cela. Il explique que l’homme n’a pas qu’une seule destinée, mais que 40 jours avant la conception on proclame au ciel plusieurs options, c’est à dire que l’on prévoit tous les niveaux dans lequel l’homme va être, du pire au meilleur, et pour chaque niveau est prévue une épouse. afin de permettre au premier d’épouser cette femme. C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais demander à l’Eternel de manière précise une jeune fille pour épouse, mais dire : « Si cela est bien pour moi, je demande à l’Eternel de me donner cela». D’une manière générale, il faut toujours dire après chaque demande les mots suivants : « mais ce qui est bien à tes yeux Il arrive qu’un jeune homme à l’âge du mariage se conduise mal, et que l’épouse de qualité qui lui était  destinée s’il s’était
bien conduit, soit prise par quelqu’un d’autre ayant prié pour avoir cette jeune fille. Que se passe-t-il si le jeune homme à qui elle devait revenir fait « techouva » ? Dans ce cas, il faudra que le second qui a pris celle qui ne lui était pas destinée, divorce ou quitte ce monde Eternel, c’est cela que tu feras avec nous».

UNE NON REPONSE SALVATRICE : Pour mieux comprendre la portée de ces paroles, rapportons les propos du Rav  Soloveitchik. Avant la Shoah, il vivait en Europe, et il s’était présenté comme candidat rabbin dans une ville dont le poste était à pourvoir. Il y avait d’autres candidats, et ce fut l’un d’eux qui fût choisi. Il en fut très contrarié, car il avait fait le maximum pour obtenir cette place. A la suite cet échec, il décida d’aller avec toute sa famille aux Etats-Unis, et peu de temps après la guerre éclata. Lorsqu’il apprit que toute la communauté de cette ville, ainsi que leur rabbin avaient été tués par les nazis, Rav Soloveitchik  comprit que l’Éternel en n’écoutant pas sa prière d’être rabbin de cette ville, avait agi pour son bien et qu’il l’a épargné ainsi que sa famille.

LA GRANDE LECON : Souvent, l’Éternel donne à l’homme alors qu’il n’est pas méritant, c’est à dire qu’il va lui donner plus, car l’Éternel prend aussi en compte ce que la personne va devenir. C’est comme cela que l’on explique le diction : « Il est difficile pour l’Éternel d’unir des couples, comme il a été difficile de couper la mer Rouge ». Il y a t’il quelque chose de difficile pour l’Éternel ? Quel rapport il y a t’il entre la coupure de la mer Rouge et l’union des personnes ? La réponse est qu’au moment de la traversée de la Mer Rouge, les anges de la justice ont demandé à l’Eternel pourquoi il faisait un miracle au Peuple juif et engloutissait les Egyptiens, alors que ces deux peuples pratiquaient l’idolâtrie. L’Éternel a répondu que le Peuple juif fera « techouva » et recevra la Torah. Cet argument fut difficile pour l’Éternel à faire entendre, puisque c’est un jugement basé sur un mérite futur. L’Éternel est dans cette même difficulté, lorsqu’il accorde une épouse à un homme qui ne le mérite  pas encore, en voyant ce que celui-ci deviendra
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LA CIBLE : Apprenons dans notre prière à ne jamais s’entêter sur quelque chose de précis. Si une prière incorrecte peut changer le bien en mal, une bonne prière peut inverser le mal en bien, et ainsi changer le cours des choses. Nous devons tous utiliser cette force pour changer le cours de l’actualité, et pour obtenir les temps meilleurs désirés par tous.

 

 

 

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