Une vie bien remplie
C'est à partir du thème de la mort de Sarah, la première des matriarches, que s'articulent différents thèmes de notre sidra. Le chapitre XXIII révèle avec précision les efforts et les détails mis en place par Abraham afin d'honorer son épouse Sarah en l'enterrant dans la caverne de Ma'hpélah, après de nombreuses négociations très
fines avec le Hittite Ephron (il est curieux de repérer que le terme hébreu IPARON signifiant en hébreu. crayon : signifierait peut-être "fonctionnaire du droit appliqué")
Le texte débute par "la vie de Sarah fut de cent (ans) vingt (ans) et sept ans ; telle fut la durée de sa vie."
Rachi explique la répétition du mot désignant année, chana, en déclarant : "koulon chavin letova " (elles sont toutes égales pour le bien).
QUE SIGNIFIENT LES BONNES ANNEES ?
Comment peut-on dire que toutes les années qu'a vécues Sarah étaient bonnes? Nous savons bien qu'elle a dû errer avec son mari Abraham de pays en pays, qu'elle a souffert de la famine, qu'elle fut la prisonnière de plusieurs rois lesquels tentèrent d'abuser d'elle, qu'elle ne put enfanter que très tardivement (à 9O ans); et finalement qu'elle apprit que son fils Isaac (âgé de 37 ans) serait livré au sacrifice...est-ce cela une vie ? Sarah avait la capacité remarquable de faire face à toutes les épreuves qu'elle avait rencontrées au cours de sa vie ; le courage et la confiance sont les traits qui la caractérisent à mes yeux. Les Rabbis de la période du Midrash ont mis dans la bouche de notre matriarche, à chaque fois qu'elle rencontrait un obstacle ou une épreuve, la phrase suivante : " GAM ZOU LETOVA» (cela est également pour le bien).
C'est dans ce sens que Rachi enseigne que toutes les années vécues par Sarah furent bonnes, car quoi qu'il puisse se passer, le texte nous fait remarquer que Sarah regardait et recherchait ce qui était bon.
C'est dans ce sens que Rachi enseigne que toutes les années vécues par Sarah furent bonnes, car quoi qu'il puisse se passer, le texte nous fait remarquer que Sarah regardait et recherchait ce qui était bon.
À aucun moment, le texte Biblique nous montre Sarah dans un état de déception et découragement qui l'aurait conduite au désespoir. Son attitude et sa perspicacité face aux événements l'ont aidé à se former un point de vue et à avoir une vision des choses. Sarah pouvait se retourner sur son passé sans aucun regret, et envisager ses lendemains sans crainte. En vérité, nous ne voyons pas les choses comme elles le sont réellement, mais comme nous sommes nous-mêmes. Notre vie n'est pas déterminée par ce qu'elle nous apporte mais bien plus par notre comportement. Notre vie n'est pas déterminée par ce qui nous arrive, mais, et cela est également vérifiable, par notre manière de regarder l'événement. Si ce sont les circonstances qui colorient notre vie nous, les humains, sommes dotés d'un esprit et d'une créativité afin de choisir la ou les couleurs.
UN MIDRASH MODERNE :
On raconte l'histoire de ces deux personnes qui avaient déménagé et qui venaient prendre des renseignements sur la vie de la communauté juive la plus proche.
Ils demandèrent donc à un "ancien" du quartier de décrire les fidèles de la Synagogue.
L'ancien" répondit en leur posant à chacun d'eux la même question : "de quel genre de communauté venez-vous donc ?"
Le premier décrivit sa communauté d'origine comme un endroit terrible, intolérant où les fidèles manquent de respect et de dignité.
À ces propos, l'ancien répondit : "Chez nous c'est aussi comme cela, c'est pareil. Les gens sont aussi ici comme vous le dites"
Le second venait d'une communauté sereine et pieuse, où règnent la confiance et la justice sociale
La réponse de l'ancien fut identique à celle du précédent :" C'est précisément le genre de communauté que nous avons ici, nous avons aussi des gens aussi vertueux".
Nous venons de voir dans les deux exemples la description adaptée à la même communauté. Vous serez toujours sûrs de trouver ce que vous cherchez, car chacun de nous voit les choses, non pas comme elles sont mais tels que nous sommes.
LES REACTIONS FACE AUX SOUCIS DU QUOTIDIEN :
Alors, comment réagissons-nous face aux multiples tracas du quotidien ? Lorsque nous sommes malades où dans la peine, faisant face aux frustrations, sommes-nous capables de dire comme Sarah : "gam zou letova» ? Avons-nous cette force spirituelle de faire " le moins mal du mauvais et le mieux du meilleur « ?(cit. R. L. Stevenson.)
J'imagine très bien un panneau publicitaire émanant d'une société et d'une ville proclamant : "What Chester makes, makes Chester." Que je traduirai librement par Ce que Gruyère fait, c'est ce qui fait Gruyère" Voilà un beau leitmotiv qui peut donner un sens à la vie ! Finalement ce n'est pas ce que l'homme trouve dans la vie qui est essentiel. Ce qui compte, c'est de voir ce qu'il en fait. Les moments d'adversité ne rendent l'être humain ni fort ni faible, mais révèlent ce qu'il est réellement. Le faible maudira les ténèbres et le fort allumera une bougie. Il dira, lorsqu'il sera confronté aux épreuves de la vie : "gam zou letova".
DE FAIRE D’UNE « CRISE » UNE « OPPORTUNITE »
J'ai appris un jour qu'en chinois le mot désignant "la crise" s'écrit avec deux caractères. Le premier signifie "danger" et le second signifie "opportunité". De là nous voyons également que toutes les crises de la vie se signalent soit par le danger et la défaite soit par l'opportunité et la victoire.
Ce choix nous est octroyé par l'Eternel, c'est donc à nous d'assumer nos responsabilités avec tous les instruments physiques et spirituels qui sont à notre disposition.
Que ce monde soit rempli de « touv », de Bonté.