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Chabbat Behar

Par le Rabbin Haim Fabrizio Cipriani

« YHVH parla à Moshé sur le mont Sinaï pour dire: « Parle aux Benéi Israël, dis-leur: Quand vous viendrez sur la terre que je vous donne, la terre chômera Chabbat pour YHVH. Six ans, tu sèmeras ton champ, six ans tu tailleras ta vigne et tu en recueilleras le produit. La septième année sera pour la terre un Chabbat total, Chabat pour YHVH. Tu ne sèmeras pas ton champ, tu ne tailleras pas ta vigne. » [Lévitique 25 : 1-4]Haim

 

Le calendrier hébraïque, dont les sections précédentes nous avaient déjà présenté la structure, continue sous le signe du chiffre sept. Nous passons de la semaine de sept jours au décompte du Omer, c’est-à-dire sept semaines qui prolongent la fête de Pessah jusqu’à Chavouoth. Puis notre Sidra nous parle d’une « semaine » de sept ans, qui culmine dans l’année chabbatique, et d’une autre de quarante-neuf ans, sept fois sept, qui culmine dans le Jubilé. 


La création a été réalisée en sept phases, donc le chiffre sept symbolise la complétion de la dimension physique. Cette dimension est essentielle pour l’être humain, car il vit en elle. Pour vivre, il a besoin de la terre, d’un espace sur lequel il a la faculté de structurer sa vie selon ses aspirations. Par contre, il ne faut pas oublier que les Benéi Israel sortent d’Egypte pour être formés à la liberté. Or, la terre d’un côté nourrit et constitue une source de vie, de l’autre elle engendre conflits, abus, guerres et violence, comme cela a été souvent le cas dans l’histoire de l’humanité. Elle peut donc devenir une source d’esclavage, et réveiller les pires instincts de possession de l’homme. Pour cela elle doit être laissée en jachère tout les sept ans. 


Pour marquer une distance et rappeler que la terre n’appartient pas à l’homme, qui justement a été créé par l’arrachement à la terre même (Adam/Adama), afin de conserver un lien profond avec elle tout en étant séparé. Mais aussi avec le but de ne pas s’identifier à la terre et de ne pas identifier la terre à lui-même. Car tout ce qui aujourd’hui est source de liberté, demain pourrait devenir source d’asservissement, et même objet d’idolâtrie. La terre ne fait pas exception. 
En ces jours, où nous célébrons joyeusement l’indépendance de notre précieux Etat d’Israël, il est important de se souvenir de cela.



Rabbin Haïm Cipriani