|
Regard sur les leçons des prophètes : Nouvelle rubrique : à la demande de nos lecteurs/trices nous travaillerons les thèmes des prophètes, afin de mieux les saisir dans leur contexte historique, mais aussi social et comportemental. Ainsi nous saisirons une dimension supplémentaire de leur actualité. Aujourd'hui : Isaïe LX, 1-22 Cette Haftara fait partie de la série des 7 textes de consolation que nous lisions à partir de Chabbat Na'hamou, le premier de la Consolation. Si le début de ce chapitre constitue ce que l'on peut appeler la vocation du prophète, tout le reste donne une vision radieuse d'un avenir meilleur pour Israël. Pour y parvenir, celui-ci mais aussi l'humanité tout entière, devra reconnaître la grandeur de Dieu. Ce chapitre décrit le but atteint et qui était annoncé par le prophète Isaïe en ces termes : " Car de Sion viendra la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur ". Nous connaissons bien ce verset, chanté par l'officiant lors de la sortie de la Torah de l'arche sainte : Ki mitsiyone tétsté thora, oudvar Hachém miyerouchalayim. Le but dont il est question, c'est qu'un jour viendra où, sur un point du globe terrestre, brillera la lumière divine : Ce sera depuis Jérusalem. Je ne crois pas à la littéralité du verset ; il ne s'agit pas uniquement d'un espace géographique, Jérusalem, cœur du monde, mais d'une connexion de chacun d'entre-nous au cœur avec le cœur du texte : la Torah : donc un état d'esprit porteur de paix et de sérénité. C'est le fruit de notre travail spirituel intérieur, de notre quête de justice sociale et surtout du « travail » que l'on appelle tikoun olam , la restauration du monde On peut résumer cela par « Tous se rendront compte qu'au-dessus de Sion apparaîtra la gloire divine ». Au verset 4 : " Tes fils viendront de loin et tes filles seront élevées à tes côtés ". Au verset 8 : " Qui sont ceux-là qui volent comme un nuage, comme des colombes vers leur gîte?" Curieuse image que celle du nuage et de la colombe. Mais elle comporte une leçon sublime : Le nuage disparaît en général en se dissipant. La métaphore du nuage est associée, cette fois-ci au peuple juif. On a cru également que le peuple d'Israël, après tant de persécutions subies au cours des siècles, Babylone, Perse, Grèce, Rome, puis l'Inquisition, les Cosaques, les Tzars, la Shoah, le communisme soviétique disparaîtrait à jamais. Pourtant la colombe connaît son nid. Elle y revient toujours, quel que soit son éloignement. Il en est de même pour Israël. Il n'a jamais désespéré de revenir sur la terre ancestrale, même s'il se trouvait dispersé aux quatre coins de la terre. De là notre texte liturgique « kabtsénou ya'had méarba kanefot haarèts », rassemble-nous des quatre coins de la terre. Au verset 17 : " Comme magistrature j'instituerai la Paix et comme gouvernement la Justice ". Au verset 12 : " Ton peuple ne sera composé que de justes qui possèderont pour toujours le pays. Rejeton de mes plantations, tu seras l'œuvre de mes mains pour être belle ".
|