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Regardons derrière les évènements
«Je les ai fait sortir d'Egypte : ni par un ange... »

Par Rabbi Michel Liebermann

L'Eternel n'a pas libéré les enfants d'Israël par l'intermédiaire ni d'un ange, ni d'un autre envoyé mais uniquement de manière directe. Le grand absent du récit de la Haggadah est incontestablement notre maître Moïse : à l'exception d'une fois, son nom n'est jamais mentionné dans le texte. Cet oubli suscite l'étonnement de nombreux commentateurs.

La Michna de Pirké Avot (chapitre VI, Michna 6) énumère les quarante huit qualités nécessaires à l'acquisition de la Torah : au sujet de la 48eme, (celui qui rapporte les paroles d'autrui en précisant le nom de leur auteur), la Michna précise " car celui qui rapporte les paroles d'autrui au nom de leur auteur amène la délivrance au monde comme il est dit dans le rouleau d'Esther que nous avons lu à Pourim : "Esther l'a dit au roi, au nom de Morde'haï" .

Dans l'histoire de Pourim, Morde'haï a effectivement été sauvé par le fait qu'Esther avait précisé à Assuérus que c'est Morde'haï qui avait eu vent du complot, mais pourquoi peut-on généraliser et dire qu'ainsi vient la délivrance en toute circonstance ?

ETRE PRET A RECONNAITRE : Le Matnat Hayim, rapporte le commentaire du Maharal de Prague (dans Dereh Ha'hayim) sur la Michna de Pirké Avot : l'Eternel sauve le Tsadik en intervenant de manière miraculeuse. Mais Hakadoch Barouh Hou ne fait de miracle que si le Tsadik est capable de le déceler et de reconnaître cette intervention divine. À propos de Moïse,
avant que l'Eternel se révèle pour lui demander de faire sortir les Bné Israël d'Egypte, la Torah raconte comment il a sauvé un Hébreu en tuant son agresseur égyptien puis comment, après avoir dû fuir en terre de Midian. Là, Moïse a sauvé les filles de Yitro celles-ci rapportent le fait à leur père en disant : " un homme égyptien nous a sauvées des bergers ".

IL Y A TOUJOURS UNE CAUSE « CACHEE » Moïse serait-il nommé dans la Torah comme " homme égyptien ", ou bien ne faut-il pas comprendre selon le Midrash cité dans Matnat Hayim. Cette allégorie raconte l'histoire de l'homme quia été mordu par un âne sauvage et qui court au fleuve pour laver sa blessure, et, voyant un enfant qui se noie, le sauve. A l'enfant qui le remercie, l'homme répond: " Ce n'est pas moi qui t'ai sauvé mais l'âne qui, en me blessant, m'a fait courir au fleuve ".
De même, Moché aurait dit aux filles de Yitro : " Ce n'est pas moi qui vous ai sauvées, mais cet agresseur égyptien à cause duquel j'ai dû, fuir l'Egypte et qui a fait que j'étais là pour vous aider ". Cette interprétation confère à Moché une capacité exceptionnelle à reconnaître l'intervention de l'Eternel dans les événements. C'est pour cela que Moché peut être choisi pour sauver les Bné Israël, car, mieux que quiconque, il saura faire que l' " Egypte sache que je suis l'Eternel, lorsque je les ferai sortir d'Egypte ". Moïse est donc ce « serviteur parfait » qui réalise les prodiges en sachant se retirer et montrer que Seul l'Eternel agit : " l'Eternel nous a fait sortir d'Egypte non par un ange, non par un délégué ».

 

 

 

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