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C'est quoi ce projet sur la Mémoire et le futur de la "World Union for Progressive Judaïsm" ? Par Nanette Johnson Notre communauté a eu le grand plaisir de recevoir Mme Linda Kahn et le Dr. Leo Hepner de la WUPJ, samedi 20 janvier 2007, et comme les photos peuvent en attester, cette soirée communautaire fut une grande réussite, et nous pouvons nous féliciter d'avoir su saisir ce moment pour renouveler notre engagement en faveur des valeurs du judaïsme libéral. Dans son petit discours, que Jean Abecassis a traduit pour nous, Leo Hepner a essayé de nous expliquer, ce qu'il pensait être la grande force du judaïsme libéral. Il nous a dit: "pour le juif orthodoxe, il y a ce qu'on peut faire et ce que l'on ne peut pas faire, et s'il se pose une question, il s'adresse à son Rebbe. Pour le juif libéral, il y a aussi ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas faire, mais quand il a une question, son maître est son propre coeur." Mais voila, le coeur de mon voisin ne ressent pas la même chose que mon coeur, alors comment résoudre les différends s'il n'y a pas de rebbe? Par le dialogue, le débat et la négociation, ce qu'on appelle le processus démocratique, une évidence pour l'Anglais qu'est le Dr Leo Hepner. Rabbi Michel l'a remercié avec quelques beaux chants, que nous avons tous bien appréciés, et un mot de sagesse que nous devons tous essayer d'engranger dans nos coeurs. "Quand on commence une mitzvah, il faut la terminer", peu importe la nature de cette mitzvah, mais Rabbi Michel parlait ici de la grande mitzvah que la WUPJ a faite en soutenant financièrement et moralement notre communauté. Et maintenant, comme promis, je vais essayer d'expliquer mieux le projet spécifique pour lequel Linda Kahn et Leo Hepner ont fait le déplacement jusqu'à Toulouse. Le but de ce projet est de promouvoir une attitude qui reflète l'éthique du judaïsme libéral en termes d'actions sociales (tikun olam). La stratégie vise à créer des réseaux entre les différentes communautés libérales d'Europe, en travaillant sur un thème partagé par toutes les communautés concernées: la Mémoire et le Futur. Ils ont choisi six communautés dont la nôtre. Le financement de ce projet provient d'un fond de compensation aux victimes des camps de travail nazis mis en place après une très longue négociation entre le gouvernement et les industriels allemands. L'argent de ce fond ne peut être utilisé que pour des projets historiques ou pédagogiques comme celui auquel nous participons. L'hypothèse de travail retenue est qu'une meilleure compréhension de ce que cela veut dire d'être un "exclu" nous aidera individuellement et collectivement à être plus solidaire, créant en nous le désir d'être plus présent pour les plus défavorisés, et peut ainsi nous donner une impulsion pour un plus grand engagement dans l'action sociale. L'idée au départ est de recueillir des témoignages des survivants indirects de la Shoah, de leurs enfants et petits-enfants, et de créer un patchwork ou une tapisserie de leurs histoires et de leurs sensibilités. En scrutant et en analysant cette tapisserie Dr Hepner, un scientifique de formation, espère pouvoir discerner des schémas qui pourront nous guider dans nos attitudes et actions futures. Une communauté juive libérale se doit d'être particulièrement sensible au figure de "l'exclu", car notre histoire antique et fondatrice nous y invite cordialement. Nous devons prendre conscience qu'il existe dans notre société des personnes qui, par leurs histoires personnelles, se pensent juives, mais qui ne sont pas reconnues comme telles par les juifs halakhiques. Moi, j'appelle ces gens, les juifs de Nuremberg, car en décrétant qu'une personne était juive si elle avait un seul grand-parent juif, les nazis ont créé une nouvelle catégorie de juifs, des personnes qui ont connu aussi la terreur, les camps et l'extermination. Leurs enfants et petits-enfants sont nos contemporains et se posent des questions, et frappent à nos portes régulièrement, nous demandant d'avoir un regard compréhensif, un moment d'écoute, et un sourire rassurant, et s'ils ne peuvent pas trouver cela chez nous, où pourront-ils le trouver, dites-le moi? Ces exclus vivent dans tous les pays qui ont connu le déferlement de la folie nazie, en Autriche, en France, en Pologne et en Hongrie. Mais ceux ne sont pas les seuls exclus, il y a aussi les marranes du nazisme, ces enfants juifs qui ont été déguisés en chrétiens afin d'être mieux cachés, et qui n'ont pas su prendre le chemin du retour pour mille raisons. Nous pouvons penser que toutes ces histoires ne nous concernent pas, mais si nous prenons au sérieux nos responsabilités envers nos frères et soeurs juifs, nous avons quelque part le devoir d'essayer de réparer cette situation, cela fait partie du Tikun Olam.
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